The Legend of Zelda : Majora’s Mask [Critique]

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Épisode plutôt controversé par les fans (du moins ceux qui n’ont pas saisi le message du soft), The Legend of Zelda : Majora’s Mask est mon opus préféré (avec The Wind Waker) et ose transcender les codes de la série après un Ocarina of Time détonnant (dont vous pouvez retrouver la critique ici). Développé en seulement un an, Majora’s Mask propose un voyage introspectif saupoudré d’une aura aussi enchanteresse qu’inquiétante !

72 heures avant la fin du monde !

Les événements du titre se déroulent quelques temps après Ocarina of Time. Notre héros, Link,  est parti en quête de vérité et surtout à la recherche de « son ami(e) » qui est le miroir de sa conscience. Même si cela n’est clairement jamais indiqué, tout pointe vers Navi, mais, à l’image du jeu, il faut garder un esprit ouvert, tant celui-ci regorge d’éléments tous sujets à interprétations.

Errant donc dans une forêt étrange sur sa fidèle monture Epona, notre héros manque de vigilance et se fait renverser par un lutin pour le moins étrange qui porte un masque tout aussi étrange. Ce petit diablotin vole l’Ocarina du Temps de notre héros avant de prendre la fuite avec la jument. Ni une, ni deux, Link le pourchasse et arrive au bord d’un précipice dans lequel il tombe. Après une chute pour le moins psychédélique, le jeune elfe se réveille… Métamorphosé en Peste Mojo. Devant lui son agresseur, se moquant de lui et disparaissant aussi sec.

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Vous retrouverez la plupart des personnages d’Ocarina of Time. Sont-ce les mêmes ? Mystère !

Ce n’est que plus tard que Link fera la connaissance du mystérieux vendeur de masque.  Grosso-merdo, le petit lutin nommé Skull Kid lui a dérobé le Masque de Majora, un artefact ancien possédant d’étranges et puissants pouvoirs. Avec ce masque, Skull Kid a entreprit de faire s’écraser la Lune (oui, oui, la lune) sur la région de Termina ! Cerise sur le Mc Do, il ne reste plus que trois jours avant que tout cela ne se produise. Dur !

Fort heureusement, notre héros va rapidement récupérer l’Ocarina du Temps des mains de Skull Kid et s’en servir pour remonter le temps au premier jour de son arrivée à Termina. Ainsi, Link se retrouve pour le moins condamné à revivre les trois mêmes jours en boucle, le temps de trouver une solution à ce problème lunaire. L’avantage, c’est qu’à force de revivre ces journées, il devient facile de prévoir ce qui va se passer, ou de savoir ce qu’il va arriver aux habitants de la ville de Bourg-Clocher, et il sera donc plus simple d’anticiper leurs problèmes et de les aider plus efficacement.

The Legend of Zelda : Majora’s Mask se base donc sur cette seule mécanique : le fait de remonter le temps encore et toujours. D’ores et déjà, nous pouvons donc omettre un premier avis : cela ne plaira pas à tout le monde ! En effet, il faut prendre en considération que le temps n’attend personne (merci, Malfurion) et que le joueur est en permanence « pressé » par ce tic-tac constant. Effectivement, nous pouvons rétorquer « oui, mais on peut remonter le temps à volonté, donc ça passe ! ». Certes, mais c’est oublier un peu vite que tous vos consommables disparaissent de votre inventaire, et que tous les secrets que vous avez activés dans les donjons ou dans d’autres endroits du monde se réinitialisent également. La première fois que l’on remarque cela, le choc est rude.

Plus fort qu’Arturo Brachetti
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Le Ranch Romani, où se déroule l’un des quêtes les plus WTF du jeu !

Le temps, bien que composante essentielle du soft, n’est pourtant la seule. En effet, un des gros atouts de Majora’s Mask est de proposer au joueur divers masques que Link peut porter afin d’obtenir des capacités plus ou moins utiles. Le must du must revenant aux masques dit de « défunts », qui vous autorisent carrément à devenir une Peste Mojo, un Goron ou un Zora à volonté (plus un dernier secret, mais no spoil). Tous possèdent des compétences propres et vous permettront de passer outre les énigmes des différents donjons du jeu.

Ainsi, selon l’heure, le jour, votre interlocuteur et surtout la forme que vous arborez (Mojo, Goron, Zora ou Humain) il peut se passer une séquence complètement différente de ce que vous avez connu jusqu’alors ! On visite et revisite les zones sous plusieurs formes pour en découvrir tous les secrets, et ce côté-là est tout simplement révélateur du génie de l’équipe d’Aonuma, qui a réussi à maîtriser la progression du joueur sans redondances ni répétitions flagrantes.

Et si vous pensiez que la mécanique principale de gameplay (les masques et la gestion du temps) suffisait déjà à en faire un bon jeu, attendez de voir l’écriture très discrète mais fortement présente des différents lieux, personnages et Boss… Du grand art, avec une mention toute particulière à la Vallée d’Ikana, qui, pour ma part, est « LA » meilleure zone du jeu (et qui possède la trame la plus intéressante).

Pour le reste, le peu de temps de développement est bien entendu clairement assumé, puisque le titre reprend le même moteur que son aîné, avec les mêmes personnages (légèrement remaniés) et les mêmes armes (arc, grappin, noix mojo, bâtons mojo, etc.). Les donjons bénéficient en plus de l’utilisation des masques, qui révèlent donc des énigmes un chouïa plus corsées que précédemment. Le nombre total de donjons s’élevant à tout juste quatre, il est logique que ceux-ci soient plus ambitieux, retors et difficiles.

Une aura propre et intemporelle
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Link Mojo dans les Marais Empoisonnés. Bien que faible, cette transformation a le mérite vous faire voler !

Afin de doucement se diriger vers la fin de cette critique, que dire de plus de The Legend of Zelda : Majora’s Mask ? La première chose qui me vient à l’esprit est : ce jeu possède une aura vraiment particulière que les autres n’ont pas ! En effet, le titre joue en permanence avec un « scénario de second plan » que le joueur ne remarquera peut être pas aux premiers abords, mais qui en réalité est d’une puissance colossale.

Le titre fait la part belle à la dualité entre la vie et de la mort, mais ne positionne pas, comme s’il se plaçait au milieu, entre deux mondes, entre deux dimensions. C’est cela qui lui donne un petit côté « intemporel » puisque nous avons réellement la sensation que nous sommes hors du temps de ce monde.

Ce qui renforce encore plus cet effet, c’est le fait de voir Link comme une main invisible, qui tire les ficelles en coulisse, et qui est condamné à rester dans l’ombre des vies qu’il sauve, car au final, personne ne se souvient vraiment de lui. Cet aspect « anonyme » fait que le joueur est assez mal à l’aise, puisqu’on ne peut s’identifier dans le monde de Termina, on se sent perdu et pas à sa place. Et pour cause : ce n’est pas notre monde tout comme ce n’est pas celui de Link ! Et cela, le jeu le retranscrit à la perfection !

Le nombre de quêtes annexes est relativement correct, surtout dans le sens où elles servent le scénario principal. Tout est consigné dans un journal que l’on obtient en début de jeu et qui nous permets de savoir à quelle heure et à quel jour va se dérouler un événement auquel nous avons déjà assisté, mais sans pouvoir le résoudre. Pour revenir rapidement au début de jeu, c’est une partie qui risque de rebuter le plus de joueur, car rien ne nous ai indiqué les trois premiers jours. Une fois passé ce cap, en revanche, on découvre peu à peu le sel qui donne au titre cet ampleur magistrale.

Quelques défauts, cependant, concernant la gestion de l’inventaire qui aurait pu être un peu mieux optimisé qu’Ocarina of Time, ainsi que, j’avoue, certains aller et retours qui restent un brin agaçants (tiens, Leila, c’est cadeau :p).

The Legend of Zelda : Majora’s Mask est tout simplement une pépite d’ingéniosité. Alliant voyage introspectif, gameplay efficace et novateur avec une brillante écriture des différents protagonistes et lieux, il se positionne comme un jeu particulier, flirtant entre le rêve et la réalité, et possède une identité propre. Le jeu ne vous prend pas par la main, et met vraiment l’exploration au premier plan, tout comme l’avait brillamment fait son aîné. Bref, c’est du tout bon, c’est un des meilleurs Zelda jamais développé, je reste sur ma position. Il est clair que les petits gars de l’équipe d’Eiji Aonuma, en pondant ce titre, n’étaient pas tout à fait conscient du diamant qu’ils étaient en train de polir à ce moment-là. 

Points Forts

  • Un scénario aux petits oignons
  • La course contre le temps
  • Les quêtes annexes savoureuses
  • Les environnements variés et historiques
  • Le gameplay des masques
  • L'aura du jeu, tout simplement

Points Faibles

  • Les allers et retours, un peu agaçants
  • L'interface menu, pas optimisée

Culte !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

1 Commentaire

  1. Je trouve l’univers graphique de The Legend of Zelda: Majora’s Mask splendide… La cinématique en 3D est très bien faite et de plus, le niveau de difficulté est tout à fait raisonnable.

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