[CRITIQUE] Ni No Kuni II : L’avènement d’un nouveau Royaume !

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Après un premier épisode paru sur DS puis porté sur Playstation 3 pour l’Occident et marquant une solide coopération entre les studios Ghibli (Princesse Mononoke, Le Château dans le Ciel…) et Level-5 (Professeur Layton, Fantasy Life…), voilà que débarque Ni No Kuni II, modifiant bon nombres de mécaniques instaurées dans l’épisode fondateur et tentant de proposer une expérience basée sur la diversité. Verdict ?

C’est donc après plus d’une centaine d’heures de jeu que je me présente devant vous afin de livrer mon avis sur le très bon Ni No Kuni II. Avec comme mots-clés la simplicité, le voyage et la diversité, cet opus nous propose un retour aux sources du RPG « Middle-School » qui est une catégorie ayant fait les beaux jours du J-RPG de l’ère Playstation 2.

Un Royaume aux millions de sourires !

Le titre vous met dans la peau du jeune Prince Evan, devenu roi malgré lui après la soudaine mort de son père. Gouvernant donc avec inexpérience la ville de Carabas, le jeune monarque tente d’apaiser les conflits entre les Mistigris (Homme-chat) et les Ratocrates (Homme-rat) qui ne s’entendent plus depuis des lustres.

Tout va basculer le jour ou Ratoléon, ancien ministre du père d’Evan, tente un coup d’état et s’empare de la ville, forçant notre jeune héros à fuir le pays. Seul ? Non, puisque dans le même temps est apparu soudainement un jeune homme du nom de Roland, président d’un pays fictif ressemblant comme deux gouttes d’eaux aux Etats-Unis. Roland vient d’un « autre monde » (Ni No Kuni en japonais) et va aider le jeune roi à bâtir un nouveau royaume en partant de rien.

Etendons-nous un peu sur le scénario, car il y a peu à en dire. En effet, ce dernier est d’un classicisme si lisse qu’il ne prend que très peu la peine de détailler les grandes lignes. Les scènes cinématiques, pourtant bien mises en avant lors de la promo du jeu, sont plus que trompeuses.

Le titre se pare d’une DA magnifique, mais fait preuve de fainéantise par moments !

Même si elles sont bien réalisées et sublimes sur les paysages dévoilés, il n’y en a que très peu qui duraient plus d’une trentaine de seconde. Du coup, couper le joueur dans son action pour une scène de dix secondes provoque une légère frustration, notamment lorsque le titre joue le feignant par moment en balançant des infos capitales par simples boîtes de dialogues.

Ni No Kuni II souffre donc d’une différence de ton dans son scénario qui rend le tout bancale. Ce n’est donc clairement pas pour son histoire que le joueur retiendra le titre, et pour un J-RPG, c’est bien dommage. Pourtant, il faut se rassurer : Ni No Kuni II est bel et bien le titre emblématique attendu de pieds fermes par les fans du genre. Le jeu se rattrape d’une tout autre manière, et proposant des mécaniques variées, bien pensées et diablement efficace.

Ainsi, la première variation de gameplay intervient après quelques heures de jeux. Cherchant un terrain viable pour son nouveau royaume, la troupe tombe sur des plaines parfaites, mais pourtant occupées par des barbares. Qu’à cela ne tienne : c’est l’armée qui va les déloger. S’enclenche alors une phase de RTS ou vous devrez, de façon stratégique, placer vos unités et affronter vos adversaires et leurs défenses dans une relation de « pierre-feuille-ciseaux » avec les armes.

Vos unités gagnent des niveaux, ont des talents spéciaux et, bien entendu, vous pourrez en recruter de nouvelles au fur et à mesure de votre progression. Pourtant, ce mode-ci ne présente que peu d’intérêt. Même si ce dernier est plutôt sympathique, nous pouvons bien sentir qu’il manque un petit quelque chose pour rendre le tout encore plus jouissif.

Mon Royaume pour des ressources !

La deuxième « feature » du jeu est bien entendu le Mode Royaume, où vous devrez, à la manière de Bravely Default (mais en mieux) construire et améliorer vos bâtiments. Mais, vous vous en doutez, des bâtiments vides ne génèrent aucune ressource. Pour ce faire, vous devrez effectuer de nombreuses quêtes, et revenir dans la plupart des villes, villages et donjons afin de rallier à votre cause de puissants alliés.

Un cuisinier ? Un couturier ? Un soldat ? Un mage ? Il y a tout un tas de métier et de capacités propres à chacun d’eux qui vous serviront à débloquer des recherches, des ressources, des armes et/ou armures. Il va de soi que seuls certains items clés ne seront trouvables que dans votre royaume, avec les bons ouvriers rattachés aux bons bâtiments. Etrangement, ce Mode Royaume est beaucoup mieux ficelé que le Mode Bataille (RTS).

Eh oui, l’évolution du Royaume peut apporter de réels avantages pour votre progression : peut-être un peu trop, au vu de la difficulté relative du jeu. En effet, il faudra intentionnellement ne pas développer son royaume (ou le développer en retard) si vous désirez mettre un peu de challenge à votre aventure.

Hormis ces deux modes, le système global de combat a également pris un coup de lifting comparé au premier opus. Fluide, dynamique et un chouïa stratégique quant à votre positionnement dans l’aire de combat : il fait le job à merveille. Les « mousses », sortes de petits êtres élémentaires vous donnant accès à des capacités spéciales seront aussi de la partie, et vous devrez eux aussi les faire monter de grades afin d’améliorer leurs statistiques.

Il y a toujours quelque chose à faire dans Ni No Kuni II, du plus utile au plus insignifiant !

La direction artistique, elle, est à la hauteur des images montrées lors de la promo du titre. Fluide, beau et enchanteur, les différents paysages visités sont magnifiques et l’OST, absolument divine, sublime encore plus ce tableau déjà presque parfait. Gros point fort du titre !

Pour le reste, on se sait trop que penser, puisque Ni No Kuni II fait des merveilles sur des domaines, mais en délaisse d’autres tout aussi importants. Exemple, le scénario, clairement en deçà de ce que l’on pourrait attendre d’un tel jeu, se contrebalance avec les phases d’explorations, qui vous autorise, en bateau ou en vaisseau, et arpenter une carte du monde « à l’ancienne » et laisse des donjons cachés un peu partout pour récompenser la curiosité.

Re-exemple : ces mêmes donjons cachés sont pour la plupart fades et insipides, se ressemblant tous et ne proposant que peu de variétés dans leurs cartographies. Les « Mondes Imaginaires » sont bien présents pour proposer des donjons aléatoires basés sur des étages, mais même cela ne parvient pas à relancer l’intérêt de la visite de donjons. Aucun lieu, hormis les villes, ne marque véritablement les esprits. C’est dommage au vu du potentiel narratif et graphique du titre.

Ni No Kuni II est donc un excellent J-RPG « à l’ancienne ». Proposant plusieurs modes bienvenus et tentant de proposer une expérience fraîche et charmeuse, il faut bien avouer que toutes les conditions du cahier des charges n’ont pas été remplies. Une exploration bienvenue, mais avec des lieux en demi-teintes et se ressemblant tous… Un scénario aux abonnés absent et ne parvenant pas à nous embarquer… Beaucoup de points font que le titre s’empêtre. D’un autre côté, le Mode Royaume apporte un sel incroyable à l’aventure et devient le plus gros point fort du titre, les phases RTs apportent une touche bien sympathique : Ni No Kuni II est le jeu de la variété. On lui pardonne facilement ses quelques travers, car la centaine d’heures écoulées pour ma part se sont faites dans le plaisir et l’envie, ce qui n’est pas rien. Pour autant, je ne peux aller plus haut que l’émeraude d’or, puisque dans la globalité, le jeu reste un « très bon jeu moyen » proposant une multitude de petites choses à faire, tant dans son royaume que dans l’évolution des héros ou dans l’exploration du monde. À ce titre, il reste dans la digne lignée des J-RPG de l’ère Playstation 2 : un peu trop peut-être ?

Points Forts

  • Une direction artistique sublime
  • Une OST divine
  • La carte du monde de retour
  • Le système de combat fluide et dynamique
  • Le Mode Royaume gratifiant et utile
  • Une foule de choses à faire
  • La durée de vie gourmande

Points Faibles

  • Un scénario feignant
  • Certains allers-retours contraignants
  • Une difficulté plutôt faible
  • Le Mode RTS qui manque de peps

Très bon !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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