Yo-Kai Watch [Critique]

Acheter le Jeu

Les petits gars de chez Level-5, on les connaît ! Leur réputation n’est plus à faire lorsque l’on a lancé des séries comme le Professeur Layton, Ni no Kuni ou encore Fantasy Life, il n’est donc pas exagéré de dire qu’ils savent de quoi ils parlent en matière de RPG japonais, alors lorsque on leur a demandé de développer Yo-Kai Watch, le « fils spirituel » de Pokémon, pensez-vous, ils se sont lâchés, mais en ajoutant leur touche personnelle !

test-yo-kai-watch-1

Mettons les choses au point !

Au Japon, la série Yo-Kai Watch est un carton monumental, à un point tel qu’ils en sont au troisième opus, alors que le reste du monde savoure à peine le premier volet. Evidemment, les allusions à Pokémon seront légions, et pourtant, ils ne se ressemblent pas tant que cela. Alors, vous allez me dire :

« Euh, on combat des monstres pour les recruter dans notre équipe, les faire évoluer et affronter des monstres plus fort, c’est pas du Pokémon, ça ?« 

Ce à quoi je répondrai que ce n’est pas parce que les mécaniques de gameplay se ressemblent que les deux jeux sont similaires. Après-tout, si on pense comme cela, tous les FPS se ressemblent, tout les jeux de gestions se ressemblent, tous les MOBA se ressemblent, et j’en passe… Ce qui change, c’est le « packaging » que l’on nous propose, et en ce sens là, si l’on est littéral, Yo-Kai Watch se démarque par son aventure « japonisante », ce que nous proposait Pokémon que pour ces premières versions, et encore, celui-ci tentait par tous les moyens de s’occidentaliser pour séduire toujours plus de joueurs.

Yo-Kai Watch est profondément ancré « Japon » et, je dirai même, dégueule le Japon par là où il peut. Le héros est japonais, qui vit dans une ville japonaise (au doux nom typiquement français de Granval-sur-Mer), vit dans une société japonaise, mange japonais, étudie japonais, fait caca japonais, bref, vous avez saisi l’idée : c’est une invitation à découvrir cette ambiance nippone que nous aimons tant et qui recèle bien des mystères, ne serait que spirituellement parlant.

En effet, les Yo-Kai sont directement inspirés des… Yôkai, des « esprits » issus du floklore nippon. Le studio les a adaptés de manière un peu enfantine, et a conservé leur nature d’esprits. Le monde dans lequel évolue notre héros est donc rempli de ces créatures fantastiques : sous les voitures, dans les poubelles, dans les arbres, dans l’eau, etc. Ils sont partout, mais invisibles aux yeux des humains. Il arrive souvent qu’un Yo-Kai envoûte un humain, ce qui donne un sens à toutes les situations un peu burlesques du jeu, en commençant par la dispute des parents du héros. Le jeu l’explique par la présence d’un Yo-Kai solitaire et triste, jaloux, qui envoûte les parents et les forcent à s’engueuler. C’est un brin « cul-cul », mais n’oublions pas que le jeu et la stratégie marketing qu’il y a derrière est destiné aux jeunes enfants ! Énormément de codes du jeu sont pour les gosses, d’ailleurs, comme un Yo-Kai qui vous pourchasse et vous engueule si vous traversez les passages piétons trop souvent lorsque le petit bonhomme est rouge (oui, à ce point là) !

Ainsi, si vous avez un rhume, c’est un Yo-Kai, si vous avez une envie pressante, c’est un Yo-Kai, si vous êtres triste, c’est un Yo-Kai, Adolf Hitler, c’est un Yo-Kai, bref ! Tous les malheurs du monde et de la vie quotidienne sont l’oeuvre de ces petits chenapans, qui sont parfois pacifistes, d’autres fois non !

test-yo-kai-watch-2

Le succès est si énorme que l’oeuvre a même droit à sa propre danse ! Au centre, le petit chat roux est Jibanyan, censé être le « nouveau » Pikachu !

Le Vif du sujet !

Commençons par le scénario, celui-ci étant destiné essentiellement eux jeunes enfants, il est logiquement assez simpliste et « mignon ». Notre héros (ou notre héroïne, au choix), se balade tranquillement dans la forêt, et tombe un peu par hasard sur le Bingo-Kai, une sorte de machine à sous de supermarché qui vous donne une boule mystère lorsque vous mettez une pièce à l’intérieur. Une telle machine en plein cœur de la forêt ? Étrange ! En s’approchant, le protagoniste va alors libérer Whisper, un Yo-Kai fantôme, qui lui remet alors la désormais célèbre Yo-Kai Watch. À partir de là, le joueur aura la possibilité de faire apparaître une loupe sur la carte (à n’importe quel moment) pour chercher ces fameux esprits. La montre étant également équipée d’un radar (la technologie) c’est elle qui vous dira si vous vous approchez ou non d’un Yo-Kai. Dès lors, les deux compères vont s’entraîner dans une série de mésaventures découpées en épisode (comme la série TV).

Dès cette montre en poche, on passe son temps à arpenter les rues de Granval-sur-Mer à la recherche de créatures à ajouter à notre équipe. Mais avant d’en recruter d’autres, il faudra obligatoirement passer par la case combat ! Assez atypique, il est vrai, il apporte un « je ne sais quoi » d’assez fun et rigolo, qui se base aussi sur le timing (un peu). En effet, vos petits monstres se battent automatiquement, et peuvent attaquer, lancer un sort, un envoûtement, ou se défendre. Toutes ces actions sont planifiées aléatoirement. Du coup, à quoi sert le joueur ? Eh bien la seule attaque « programmable » est l’Âmultime, la plus puissante attaque de votre Yo-Kai (qui peut être de soin, de soutien, etc.), elle prend un peu de temps à se lancer et demande au joueur de réaliser un mini-jeu au cours du combat afin de faire grimper la jauge de lancement. Une fois l’Âmultime réalisée, il faut attaque et faire attaquer vos créatures pour pouvoir la réutiliser.

Composé de 6 Yo-Kai au maximum, votre équipe est répartie sur une roulette, que vous pouvez faire tourner à tout moment du combat pour changer vos combattants de positions, vous permettant ainsi de faire des « liens » entre plusieurs Yo-Kai de même famille ou de mettre en retrait une créature sur le point de succomber. Plutôt pratique et ingénieux, il est néanmoins frustrant de ne pas pouvoir réellement interagir durant les joutes. Néanmoins, le mérite de sortir un peu des sentiers battus et déjà là, et c’est au crédit du titre !

test-yo-kai-watch-3

L’interface de combat est simpliste mais efficace ! (Image tirée de la chaîne Youtube « JohneAwesome »)

La collectionnite difficile !

Même si le principe de la collectionnite reprend celle de Pokémon, à savoir obtenir dans le Médaillium (le Pokédex du jeu) tous les médaillons Yo-Kai, il n’est pas aisé de recruter tout le monde ! En effet, pour qu’un esprit se batte à vos côtés, il faut tout d’abord devenir ami avec lui. Et c’est… eh bien c’est l’aléatoire qui s’en charge ! À la fin d’une rixe, vous avez une chance définie que le Yo-Kai s’approche de lui-même et vous demande de devenir potos. Bien entendu, il y a quelques méthodes pour améliorer les chances, comme le fait de lui donner à manger son plat favori durant le combat, mais étant donné que ces aliments vous permettent aussi de soigner vos monstres, il faut les utiliser judicieusement. Et même avec cela, certains Yo-Kai sont juste horrible à appâter, et il faudra bien vous y reprendre une dizaine, voire une vingtaine de fois (si ce n’est plus) avant que celui-ci daigne vous accompagner. Et en fin de jeu, c’est encore plus difficile car quasiment tous de Rang A ou S !

Les esprits les plus fort s’obtiennent soit en fusionnant un Yo-Kai avec un autre Yo-Kai, ou un objet, soit avec le Bingo-Kai, qui vous restreint à 3 utilisations par jour (la folie du jeu, c’est mal !). Ainsi, ne pensez pas compléter le jeu aussi facilement qu’un Pokémon Rouge ou Bleu en son temps, car le « random » jouant pour beaucoup, vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Côté durée de vie, j’ai été assez déçu par le scénario, car celui-ci se termine en une dizaine d’heures seulement. En revanche, lorsque le « end-game » se dévoile, on se retrouve devant un puits sans fonds de quêtes annexes et de possibilités qui s’offrent à nous. Si les quêtes se ressemblent énormément et ne sont là que pour rajouter de la durée de vie, le fait de finir le jeu une fois rajoute moult choses à faire dans la ville, que l’on peut explorer librement, et ça, c’est très plaisant, car nous avons l’impression que l’histoire principale ne servait seulement que de tutoriel avant d’affronter les monstres les plus fort du titre.

Le soft est servi par des graphismes léchés et mignons, et accompagnés de musiques douces et dynamiques. De ce côté-là, c’est réussi (même si je ne pas tout à fait fan des musiques de combats, pas assez épiques, notamment sur la fin). Bref, vous l’aurez compris, Yo-Kai Watch reprend énormément de code du J-RPG et en apporte quelques uns bienvenus. Le côté enfantin se fait vite dépasser par sa difficulté bien dosée, ce qui rajoute un peu de piment, mais ne réussi pas toujours à faire prendre la sauce. Il repart avec un bon point, mais il faut espérer que les opus suivants soient meilleurs, car celui-ci, bien que rempli de bonnes idées, ne les exploitent pas jusqu’au bout. Je vais être un peu méchant au niveau de l’émeraude, mais c’est pour mieux encourager la saga par la suite !

Yo-Kai Watch, bien que reprenant les stratégies marketing de son grand frère Pokémon, s’en démarque fortement et risque de diviser les fans en occident, de son côté trop japonisant ! Pour autant, le jeu fourmille de bonnes idées, et le fait bien, mais avec un manque de conviction flagrant. Et je ne parle pas du côté enfantin, car, au final, le soft ne l’est pas tant que cela ! La mécanique des batailles, bien qu’intéressante, est néanmoins frustrante, et l’avalanche de quêtes annexes qui ne sont là que pour exister n’arrange pas les choses ! Toutefois, l’effet collectionnite fonctionne toujours autant, et nous avons hâte de mettre la main sur l’épisode suivant pour observer les améliorations apportées à la franchise ! 

Points Forts

  • La collectionnite toujours efficace
  • La direction artistique
  • La fusion des Yo-kai
  • l'OST burlesque

Points Faibles

  • Durée de vie faible
  • Les quêtes annexes trop FedEx
  • Un peu trop facile

Passable !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

Envie de réagir ?

Lost Password

%d blogueurs aiment cette page :