TurnOn [Critique]

TurnOn, petit ovni du genre réflexion/plateforme et créé par les petits gars de Brainy Studio tente de se faire une place dans le monde déjà très fréquenté du jeu indépendant. Que peut-on attendre de ce titre atypique ?

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L’entité électrique « sans nom » que vous contrôlerez dans le jeu !

Que la lumière soit !

Dans TurnOn, vous contrôlez une « étincelle » électrique, qui est née à la suite d’une panne générale de courant dans toute la ville. Il vous revient donc la charge de rétablir la lumière dans les différents environnements proposés, le tout en vous déplaçant uniquement à l’aide des câbles électriques disséminés çà et là !

Se lance alors la phase tutoriel du jeu, qui n’en est pas vraiment une, puisque si certains indices sont clairement montrés, pour le reste, c’est à vous de vous débrouiller. Nous apprenons rapidement à nous mouvoir de part et d’autre du décor, en suivant à la manière d’un rail ces fameux câbles, et les flèches, sobrement, servent à aller à droite, à gauche, à sauter et à « descendre » pour changer de plateforme. En somme, du classique, cela à l’avantage d’être ergonomique et intuitif !

Puis, nous apprenons à reconnaître les transformateurs, qui font offices de checkpoints en cas de chutes, ainsi que les générateurs, qui servent à alimenter un élément du décor en particulier pour vous permettre d’avancer.

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L’ambiance, très nocturne, est servie par une direction artistique de bonne facture !

Dès lors, on se lance à l’assaut de la ville à travers différents niveaux, plus ou moins variés, mais toujours urbains, avec un objectif défini : remettre la lumière partout pour obtenir les 3 « ampoules » à la fin du niveau, ce qui équivaut à votre score de complétion. Lampadaires, néons, enseignes de magasins, lumières dans les chaumières, tout doit y passer, et le soft observe un level-design assez étoffé pour cacher la plupart de ces mécanismes, il faut donc faire preuve de patience et de jugeote afin d’avoir 100% dans tous les stages ! Aussi agréable que soit le soft à jouer, il s’installe néanmoins une linéarité au fil du temps, car une fois les mécaniques de jeu acquises, il devient assez facile de le parcourir !

Une fois de temps en temps, TurnOn nous propose un changement de rythme avec des levels « musicaux », que nous mettons entre guillemets car ils ne suivent pas vraiment la musique. Les lignes à haute tension forment comme une partition, sur laquelle vous pouvez monter ou descendre, étage par étage, tout en évitant les différents trous et pièges, pendant que la caméra scrolle l’écran automatiquement, en allant de plus en plus vite. En soi, ces niveaux sont une bonne idée, cependant, ils n’ont que pour seule utilité d’augmenter la difficulté, ce qui la rend complètement déséquilibrée, et surtout vers la moitié/fin du jeu, il faut les apprendre par cœur (ou avoir une chance phénoménale) !

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Les niveaux « scrolling » sont mal gérés et n’apportent pas grand chose au jeu !

Le coup de foudre ?

Le jeu utilise d’une très belle manière un code couleur spécifique qui favorise l’ambiance nocturne et lumineuse du soft, mais qui sert également à guider le joueur. Les fils sur lesquels vous vous déplacez sont bleus, dirons-nous « couleur foudre », à l’image de l’avatar, ainsi qu’à celle de la ville, plongée dans la pénombre, éclairée à même la lune, qui lui donne aussi ce côté bleuté. La direction artistique est très bien soignée, avec un semblant de « cartoon » très appréciable, le tout accompagné de musiques aux tons similaires qui renforce cet effet !

Pour autant, si un des points forts du jeu est son ambiance, son gameplay un chouïa imprécis et strict, mêlé à de petites erreurs techniques qui viennent gâcher le plaisir. En effet, un détail qui se remarque immédiatement est la relation à la profondeur. L’avatar saute du premier plan à l’arrière plan sans aucun effet de transition de la part de la caméra, et surtout, sans que ce dernier ne change de taille. Du coup, il garde les mêmes proportions, ce qui donne un faux raccord flagrant en terme de représentation dans l’espace. Bien sûr, ce n’est pas bien méchant, mais l’erreur est tellement basique qu’elle aurait pu facilement être corrigée. Et en parlant de caméra, si celle-ci, dans un jeu 2D, n’est pas sollicitée tant que cela, certains plans mériteraient tout de même une petite mise au point, car il arrive parfois que l’on ne saisisse pas la marche à suivre lorsque tout le décor ne nous est pas accessible, ou qu’un élément en particulier n’est pas dans l’écran (tout simplement).

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La ville fait office de « map » dans laquelle on sélectionne les niveaux !

Autre petit souci, nous en parlions un peu plus haut, c’est la linéarité du soft. D’accord, celui-ci tente de se démarquer en changeant le rythme des niveaux de temps en temps, mais le fait est que la redondance des stages, en sachant que le héros ne bénéficie pas d’upgrades, de pouvoirs ou autre, rend le tout assez fade en terme de jouabilité.

Côté durée de vie, c’est honnête pour de l’indépendant, car il vous faudra environ une dizaine d’heures, qui peuvent varier, puisque la difficulté assez mal dosée peut vous bloquer sur un niveau précis. Si ce challenge en ravira certains, il en frustrera d’autres car étant un élément important, mais mal maîtrisé. Un « combat » contre un tramway, notamment, débarque après une séance de niveaux très calmes et très reposants, et se voit gratifié d’un pic de difficulté absolument énorme, en comparaison avec le reste, qui vous demande d’apprendre par cœur le cheminement avant d’y arriver (et on recommence du début à chaque erreur, bien entendu).

Avec quelques petits défauts, qui cependant auraient pu être assez facilement corrigés, TurnOn s’inscrit dans la lignée des petits jeux sympathiques qui font tout de même passer un bon moment devant son écran. Bien entendu, il est loin d’être parfait, mais propose une idée assez originale, qui aurait méritée d’être un peu plus poussée et affinée. Malgré une direction artistique soignée et une ambiance mélancolique charmeuse, le titre reste linéaire, avec une perspective non respectée ainsi qu’une difficulté assez mal dosée.

Points Forts

  • Le level-design bien pensé
  • La direction artistique léchée

Points Faibles

  • Le jeu est très linéaire
  • La difficulté déséquilibrée
  • La perspective non respectée
  • Pas d'upgrades pour le héros

Passable !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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