The Legend of Zelda : Breath of the Wild [Critique]

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Fer de lance de la très récente Nintendo Switch, The Legend of Zelda : Breath of the Wild déchaîne les foules et les passions. 10/10, 20/20 ou encore le très célèbre 40/40 de Famitsu : le jeu croule sous les fleurs que la presse comme les joueurs lui envoient. De mon côté impatient de retrouver Link pour de nouvelles aventures, voici l’heure de mon avis sur ce titre aux allures de renouveau !

« Wake Up, Link ! »

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Initialement pensé pour briser les conventions établies de la série, Breath of the Wild, du début à la fin, nous prouve la réelle intention des développeurs de vouloir sortir des sentiers battus. Habitué à de longues cinématiques d’introduction dans les précédents opus, nous avons ici quelque chose de très minimaliste et en douceur, à l’image du jeu. On se réveille donc dans le désormais célèbre Temple de la Résurrection, et, sans mots dires, nous sommes lâchés dans la « Zone Tuto » du jeu : le Plateau du Prélude.

Le scénario, très discret car peu narré, nous met donc aux commandes d’un Link amnésique qui se réveille après un sommeil d’un siècle. Quand ? Comment ? Pourquoi ? C’est à vous qu’il incombera de le découvrir. Le seul fil rouge qui se dégage : Ganon a ressurgit il y a 100 ans, et force est d’admettre que vous n’avez pas été à la hauteur de sa fureur…

Il est à noter que tout ce qui nous a été donné devoir avant la sortie du jeu se déroulait dans ce fameux plateau du Prélude, qui représente à peine 1/10 (voire 1/15) de la taille totale de la carte. Les joueurs avaient donc peur de trouver un open-world vide et peu rempli : c’était sans compter sur la communication parfaitement maîtrisée du jeu qui nous a donné juste ce qu’il fallait pour nous faire baver, et qui a gardé plus d’une surprise sous le coude pour nous émerveiller en plein jeu.

À l’heure où à la sortie de Pokémon Soleil et Lune, le Pokédex avait intégralement été dévoilé, nous avons ici tous les secrets bien conservés et qui assurent une découverte de tous les instants, car c’est là le leitmotiv du jeu : l’exploration sublimement sublimée !

Un problème récurrent de l’open-world actuel et la manière dont ce dernier est rempli, et dont celui-ci parvient à être pertinent avec l’univers proposé. En ce qui concerne Breath of the Wild, c’est un pari très réussi, puisque sans représenter une perfection du monde ouvert, il devient malgré lui le fer de lance et le mètre-étalon de la décade à venir. Disons-le franchement : maintenant que j’ai goûté au caviar, plus question de retourner aux sandwiches triangles de chez Daunat !

Et la direction artistique joue un rôle prépondérant dans cette vision de l’open-world. Ainsi, ce côté « medley » entre de la peinture aquarelle et le côté « Ghibli » jouant avec l’animation nous transporte et nous émerveille à chaque instant. Courir, cheveux au vent, dans les hautes avec simplement quelques touches de pianos et le bruit du vent dans les arbres : c’est une certaine idée  de l’introspection que Big N tente de nous proposer ici. Ce moment se veut d’autant plus concret lorsque nous décidons d’escalader les hautes cimes de la carte afin de voir se déployer sous nos yeux un paysage somptueux qui ne demande qu’à être exploré.

Un Open World rempli ? Non ! Un Open World « intelligent » !

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Le monde est construit avec une remarquable intelligence et toujours cette fameuse « patte Zelda » qui use et abuse des petits secrets disséminés çà et là. Et j’ai bien une théorie à ce sujet : Breath of the Wild est à ce jour le meilleur open world tout simplement car le passif de la série lui permets de le remplir de fond en comble, ce qui n’est pas forcément d’une licence jeune qui table sur diverses mécaniques, sans oser le côté « intimiste ». Parcourir Hyrule avec un Link amnésique, c’est un peu comme si nous, joueurs et joueuses, le parcourions : on le connaît sans le connaître !

Il y a tellement de choses à faire (et si peu de temps IRL) qu’il en devient difficile de lâcher la manette. Ce qui revient souvent, c’est le fameux piège : « Ah, il y a un sanctuaire là-bas, j’y vais… Oh mais là, il y a un Lynel, et là, un Korogu, et… BORDEL C’EST QUOI CE DRAGON ? ».

La météo sera également de la partie pour vous rappeler que tout jouer que vous êtes, quand il y a de l’orage ou de la pluie, il vaut mieux de ne pas tenter le diable et passer tranquillement la nuit dans une auberge ou auprès d’un feu de camp pour laisser le soleil revenir tranquillement. De plus, les différentes zones gelées ou désertes vous forceront à vous équiper en conséquence, et j’ai trouvé ce principe absolument cohérent avec le message du jeu : « c’est toujours la nature qui gagne ! ». Et ce n’est pas peu dire, car dans le titre, la « Nature » est clairement un personnage à part entière !

Bref, vous l’avez compris, The Legend of Zelda : Breath of the Wild sait quelles ficelles tirer pour nous garder accrochés à la manette !

Le système de combat va dans ce sens puisque lui aussi prend le contre-pied de ce que la saga a pu nous enseigner. La plupart de vos pouvoirs sont débloqués dès le début du jeu (ou peu après), ce qui avait déjà été expérimenté dans A Link Between Worlds avec succès. Force est d’admettre que la recette fonctionne toujours aussi bien, car mieux maîtrisée.

Certains, comme moi, seront peut-être un chouïa déçu de la relative durabilité des armes. Ainsi, dans les trailers, je pensais avoir le choix de me faire un Link se battant à la lance, ou aux dagues, ou encore exclusivement à l’arc. Bref, une sorte de spécialisation du jeu en termes de movesets. Ce n’est clairement pas le cas, puisque vous devrez plutôt savoir manier tous types d’armes plutôt que d’en choisir un. Un brin frustrant au début, j’ai regretté qu’il ne pas trouver de forgeron capable de nous proposer, via certains matériaux, de consolider des armes que je ne voulais absolument pas perdre (bon, du coup, celles que je ne veux pas perdre servent de décoration dans ma maison à Elimith, mais quand même). En somme, ce n’est qu’un coup de main à prendre et cela ne gâche pas le plaisir de jeu, je vous rassure.

J’ai vraiment passé du temps à simplement « m’intéresser » aux différents PNJ, qui sont tous importants, même ceux qui n’offrent pas de quêtes secondaires vous apporteront de précieux détails sur des éléments mystérieux du monde. Dès lors, j’ai adoré m’immerger dans la culture Gerudo ou Zora qui ont un passif propre vraiment intéressant. C’est idiot, mais c’est précisément ce genre de petits détails qui me font dire : « Whoa ! Je viens de passer une heure à comprendre d’où venait la Légende des 7 Héroïnes Gerudos… Et c’est tout ! ». Un peu comme si j’avais bûché une leçon d’Histoire en cours magistral ! C’est-à-dire que le jeu sait comment faire pour captiver, je ne vois pas comment le dire autrement…

Zelda est mort… Vive Zelda !

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Pour glisser en douceur sur la fin de cette critique, j’aimerai soulever le point que beaucoup de joueurs et joueuses ont voulus comparer Breath of the Wild au mythique Ocarina of Time. Je trouvais important de souligner que cette comparaison n’est pas nécessaire, au vu des deux jeux, avec une approche, une technique (forcément) et un message différent.

Breath of the Wild n’est pas un Ocarina of Time amélioré, il en est en revanche le digne héritier. Car si jusque-là les différents opus de la saga restaient plus ou moins dans l’ombre d’Ocarina of Time, c’est désormais sous l’ombre de Breath of the Wild que les titres futurs sortiront et évolueront ! C’est dit !

Jouant avec le sublime, Breath of the Wild se veut tantôt intimiste, tantôt colossal ! Le terme « voyage » retrouve ici tout son sens et atteint son paroxysme. Une direction artistique à tomber par terre, un gameplay réaliste avec une bonne physique et une réelle liberté d’action (comprenez qu’un seul problème peut avoir des dizaines de solutions) et une durée de vie absolument démente, surtout pour viser le 100% : The Legend of Zelda : Breath of the Wild redéfinit la série des Zelda et posent de nouveaux standards. À partir d’aujourd’hui, un bon open world en sera un qui, au minimum, l’égale voire le surpasse ! Que cela soit sur Switch ou Wii U, vous pouvez foncer les yeux fermés, vous vous régalerez. Une pure perle qui marquera son temps !

Points Forts

  • Une direction artistique époustouflante
  • Les trajets sublimés
  • La tonne d'éléments à découvrir
  • Le choix d'appréhender les situations
  • Les sanctuaires au format courts
  • L'OST absolument divine
  • Le côté survie bien amené
  • La cuisine et la préparation de remèdes
  • La physique du jeu et la météo
  • Pouvoir tout escalader
  • Challenge corsé
  • Mécanique de récompense bien dosée
  • Les clins d’œils aux fans de la saga

Points Faibles

  • Les armes se brisent un peu trop vite
  • Le Boss final trop... Simple ?

Culte !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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