[Critique] Super Mario Odyssey

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Fraîchement débarqué, Super Mario Odyssey avait une lourde tâche : redonner foi aux joueurs et joueuses en une licence qui commençait doucement à s’essouffler. Après un Zelda : Breath of the Wild détonnant, que vaut donc le dernier opus des aventures de la mascotte fétiche de Nintendo ?

Chapeau, l’artiste !

Comme il est coutume dans la série, le scénario de Super Mario Odyssey ne casse pas trois pattes à un canard. Le jeu se permet même d’aller un peu plus vite que la musique car nous n’assistons pas à l’enlèvement de Peach : celle-ci est déjà kidnappée dès le premier écran. Rapide et concis ! Ce coup-ci, la bête Bowser s’est mis en tête d’épouser la belle. Mario, impuissant, se fait rapidement éjecter et devra donc franchir plusieurs pays afin de la retrouver.

Nous nous réveillons donc au pays des chapeaux, lieu étrange baigné par le douceur de la lune (coïncidence ?). Notre petit héros moustachu fera rapidement la connaissance de Cappy, un être fantomatique en forme de chapeau qui possède une capacité étonnante : il peut contrôler des objets ou des êtres vivant ! Dès lors, vous allez vite apprendre à spammer le bouton Y afin de prendre possession de tout et de n’importe quoi.

En effet, Super Mario Odyssey propose une cinquantaine de transformations différentes, toutes ayant une utilité propre et une manière de vous aider lors votre aventure. Grimper, sauter, jeter des boules de feu, nager, planer et j’en passe : il y a à peut près tous les styles de gameplay possibles. La force de ce système est d’être situationnelle, c’est-à-dire que chaque transformation vous sert ponctuellement, et change donc le gameplay tout aussi ponctuellement.

Dans Super Mario Odyssey, on passe son temps à « switcher » de gameplay en gameplay et c’est franchement jouissif, puisque rien n’est jamais pareil. Certes, certaines actions se répètent, mais elles sont suffisamment peu nombreuses pour ne pas lasser !

Pour progresser au sein de l’aventure, vous devrez récolter des lunes de puissances. Et croyez-moi, vous n’en manquerez pas, vu leur nombre ahurissant. Il faut voir cela de la manière suivante : chaque lune vous demande de réaliser une action spécifique, au bon endroit et au bon moment. Du coup, chaque niveau devient un véritable terrain d’exploration qui n’est pas sans rappeler un certain Super Mario 64. Dès que vous avez assez de lunes, vous pouvez alimenter votre vaisseau de voyage, l’Odyssey, afin de voyager jusqu’au pays suivant.

En soi, les différents pays ne révolutionnent rien. Nous avons donc le monde de l’eau, du feu, de la forêt, de la glace, etc. Ce qui change, c’est surtout la manière de les aborder et de les arpenter, car tout ou presque est visitable dès votre première visite. S’ils ne réinventent rien, ils ont au moins le mérite de proposer des visuels ainsi que des musiques pertinentes, colorées et pour certains sublimes. Toutefois, cela reste inégal puisque certains pays ne sont tout simplement pas au niveau, car trop fades et insipides.

Money, money, money…

Nous pouvons nous réjouir de voir, qu’enfin, Nintendo a trouvé une réelle utilité aux pièces. Souvent amassées pour on ne sait quelle raison (gagner une vie), les fameuses pièces jaunes sont présentes depuis le début, et sont pourtant devenues de plus en plus inutiles. Pourtant, Super Mario Odyssey propose une formule différente : en plus de trouver une utilité à ces pièces, il décide d’ajouter une devise spécifique par monde.

Ainsi, vous faites constamment la chasse aux pièces, que cela soit les jaunes (dites « normales ») ou les violettes, propres à chaque pays. Vous pouvez ensuite les dépenser dans les différents magasins afin d’acheter des costumes, des lunes et d’autres objets plus ou moins utiles. Il est donc primordial d’en amasser un maximum, car les derniers items du jeu valent bien leur pesant d’or !

Toutefois, il faudra faire attention, car Nintendo a supprimé le Game Over de son jeu. D’ailleurs, ce choix a donné lieu à un des débats les plus inutiles du web : la suppression du Game Over ! Débat survenant avec facilement dix ans de retard, cela ne m’a personnellement pas étonné. Fini donc les vies qui ne servaient à rien : le jeu frappe là où ça fait mal, au portefeuille ! Tomber dans un ravin vous coûtera donc quelques piécettes (une dizaine).

Cela ne semble être rien, de prime abord, mais sur la fin, là où les séquences de plateformes se corsent et où l’échec est courant, la cagnotte peut vite dégringoler à vitesse grand V.

Pour le reste, les pièces violettes servent uniquement à acheter des « souvenirs » du pays en question. Des stickers, des babioles, des statuettes, il y a de tout et de rien, et rechercher toutes les pièces violettes (qui sont uniques, au passage) ravira les fans adeptes de complétion qui désirent atteindre le 100%.

Une fois de plus, Nintendo cartonne !

Nous n’allons pas y aller par quatre chemins : si Breath of the Wild est arrivé à la hauteur d’Ocarina of Time, Super Mario Odyssey est arrivé à la hauteur de Super Mario 64 (comment ça, c’est osé ?). À croire que Nintendo a toujours la recette du succès, mais ne s’en sert qu’une fois tous les vingt ans, histoire de remettre tout le monde à sa place.

Pourtant, Super Mario Odyssey transpire la simplicité. Il n’invente rien, il se contente simplement de prendre tout ce qui marche, et de le polir un peu plus. C’est fluide, fun, bien pensé et d’une intelligence rare. Une redéfinition de la plateforme avec élégance et générosité.

généreux, c’est le mot juste, car si il vous faudra bien une simple dizaine d’heures pour finir le jeu, il faut savoir que le titre propose un des meilleur post-game de tous les temps (où l’on grimpe facilement à plus de cinquante heures de jeu pour le 100%). À croire que l’histoire principal n’est, au final, qu’un simple tutoriel. Plutôt fort, pour le coup !

Super Mario Odyssey propose plusieurs modes de prises en mains. Si le combo Joy-Con détachés est préconisé pour une palette de mouvements pus large, certains préféreront jouer intégralement à la manette. Le jeu vous laisse tous les choix !

De plus, la direction artistique est au niveau de cette réalisation. Certes, ce n’est pas parfait, les puristes pourront hurler contre une résolution en 900p sur téléviseur… Qu’importe ! Le titre est propre, léché, et surtout, contrairement aux jeux d’aujourd’hui : il est terminé ! Nous avons donc là une oeuvre totalement ancrée dans le présent, consciente de ce qu’attendent les joueurs et joueuses, et parfaitement maîtrisée !

Le jeu fait absolument tout pour capter votre attention et vous proposer quelque chose à faire. Et lorsque vous pensez commencer à vous ennuyer, vous commencez à faire mumuse avec l’appareil photo, vous permettant d’immortaliser certaines séquences cultes (le Festival de New Donk City). Bref, c’est un titre chronophage d’une ampleur et d’une saveur rare. Il ne faut donc pas aller trop vite et prendre le temps de savourer l’instant.

Super Mario Odyssey se poste donc à la place qui lui revient : celle du fer de lance de Nintendo. Avec ce titre, la Switch se gorge de plus en plus de titres exceptionnels, et cela est clairement encourageant pour les futurs hits de l’éditeur nippon. Bref, ce nouvel opus est généreux, plein à craquer de bonnes idées, avec des mécaniques de gameplay certes non-innovantes, mais incroyablement variées. Du grand art signé Big N, du grand Mario, et un incontournable sur Nintendo Switch. Personnellement, j’ai acheté la console pour ce titre, et… Bingo ! Je n’aurai pas pu mieux choisir. Il ne prend du jeu vidéo que le « jeu », et l’emmène vers les sommets ! Félicitations !

Points Forts

  • De multiples mécaniques de gameplay
  • Une direction artistique bétonnée
  • La durée de vie colossale
  • Le contenu dense et généreux
  • La captation d'attention
  • Le mode photo

Points Faibles

  • Aliase un chouïa en mode TV
  • La qualité des pays inégale

Culte !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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