Shantae and the Pirate’s Curse [Critique]

Acheter le Jeu

Avec des débuts sur Game Boy Color et un passage dans les affres de l’oubli pendant un certain temps, la belle génie/humaine refait parler d’elle et nous revient avec une aventure inédite qu’il serait dommage de louper. Shantae and the Pirate’s Curse nous propose une expérience plateforme/RPG qui saura ravir les fans du genre !

Shantae and the Pirate's Curse (9)

Scuttle Town est en danger !

Vivant dans la belle bourgade de Scuttle Town, l’héroïne Shantae se réveille un matin, lorsque la ville se fait attaquer par l’Ammo Baron. Ni une, ni deux, le premier niveau se lance. Dès lors, le constat se veut très simple : nous sommes ici dans la pure tradition des jeux de plateforme typés Arcade, à la manière d’un Metal Slug (en moins dynamique, ceci dit). Ainsi, une touche pour sauter, une pour fouetter (avec les cheveux) et il n’en faudra pas plus, du moins pour le moment. Enfin bref, en gros, vous allez devoir vaincre le Pirate Master, le boss ultime, qui cherche à récupérer ses pouvoirs pour dominer le monde. Pardon ? Vous trouvez que je vais un peu trop vite en besogne ? Malheureusement, il faudra faire avec, car le scénario ne vole pas plus haut que cela et n’a d’incompréhension que sa simplicité un peu trop facile avouons-le.

La traduction Française, bien qu’aidant et jouant avec l’humour, ne permet pas d’avoir un point de vue clair sur le scénario. Nous ne savons même pas pourquoi l’héroïne part en quête de ce « Pirate Master », le tout tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Fort heureusement pour nous, l’histoire de Shantae and the Pirate’s Curse peut passer à la trappe très facilement, car il suit la trame instaurée dans les derniers épisodes, et comme la plupart d’entre vous ne connaîtront Shantae uniquement via cet opus, vous êtes cuits. Dans tout les cas, cela ne gâche en rien le plaisir de jeu qui se veut être jouissif et attractif, le tout avec une progression calibrée.

Concernant la construction du titre, celle-ci est très répétitive. Vous découvrez une nouvelle île, vous l’explorez, vous bloquez sur une ou deux énigmes, vous faites des allers-retours pour chercher l’objet requis sur une autre île, et vous revenez pour vous farcir le donjon et battre le boss du niveau. Si, en soi, cette démarche est classique à ce genre de jeux nommés tacitement « Metroidvania« , dans ce cas, la magie n’opère pas à ce point. Certes, les décors variés, tout comme le bestiaire, et les upgrades que nous pouvons alloués à Shantae sont appréciables, mais ne parviennent pas à relancer une dynamique forte en terme de jouabilité. Du coup, l’effet « addict » est très présent au début, mais s’estompe petit à petit au fil du jeu. Seul les donjons relève le niveau, car ils sont tous très bien construits, bourrés de secrets et avec une difficulté dosée bien comme il faut. Les calamars en forme de cœur, quête annexe inspirée de Zelda, vous demanderont de trouver les moindres recoins de l’environnement pour pouvoir les dénicher et ainsi augmenter votre vie maximale (quatre calamars = 1 cœur supplémentaire).

Shantae and the Pirate's Curse (6)

Une direction artistique aux petits oignons !

Là, nous attaquons le meilleur point de Shantae and the Pirate’s Curse : la DA ! Les graphismes, les paysages, les ennemis, les personnages et les animations de ces derniers sont de véritables prouesses de boulot. Bien que pixelisé, le tout est très agréable à l’œil et propose une ambiance Arabe propre à la série, qui séduit tout de suite. Nous tombons presque dans un conte des mille et une nuits. Rajoutez à cela une OST magistrale, qui nous fait plonger dans le cœur de l’aventure et vous obtenez un jeu de plateforme atypique, saupoudré de touches de RPG, jouant avec l’humour burlesque et le fan service douteux, mais en s’assumant totalement.

Le jeu nous fait découvrir plusieurs palettes de sensations, je pense notamment aux combats de boss, qui sont tous remarquables, et qui font redécouvrir au joueur le côté « Tais-toi, observe, analyse et contre-attaque ». Nous ne sommes pas pris par la main, et il n’est pas rare de se retrouver bloqué face à une énigme, un donjon, ou un boss un peu malicieux, mais, globalement, un bon sens de l’observation vous sortira de n’importe quelle situation !

Et à peine se laisse-t-on vraiment envoûter par le titre que… Les crédits de fin apparaissent déjà ! La faible durée de vie du soft (comptez moins d’une dizaine d’heures) laisse une impression d’inachevé, de frustration. Alors oui, un mode spécial se débloque et permet une rejouabilité un poil différente, mais en soi, avoir un titre aussi bon, a contrario aussi court, et avec un prix d’une vingtaine d’euros : voilà trois pilules difficiles à avaler ! En revanche, si vous tombez par hasard sur une promotion, n’hésitez pas et foncez, car sans réinventer le genre qu’il représente, Shantae and the Pirate’s Curse saura vous laisser son empreinte enivrante. Après cela, nous n’attendons plus qu’une chose : sa suite !

Empli de mystères et de trésors, Shantae and the Pirate’s Curse réussit le pari de proposer quelque chose de frais, complètement assumé et loufoque à la fois. Des donjons, des boss, de l’action, de la plateforme et des upgrades : la recette d’un bon jeu n’est pourtant pas si compliquée ! Alors d’accord, personne n’est parfait, ce titre non plus, et si nous pouvons pleurer sur la durée de vie ridicule de ce dernier, ainsi que sur le fan-service douteux (jamais une occasion n’est perdue de montrer les demoiselles du jeu en petites tenues ou positions équivoques), force est d’admettre que sur les autres points, il s’en sort haut-la-main ! En revanche, côté prix, c’est un peu l’arnaque, alors je vous conseille d’attendre une promotion et de sauter dessus le moment venu !

Points Forts

  • La direction artistique
  • Les upgrades pour Shantae
  • Le bestiaire varié
  • Les environnements variés

Points Faibles

  • Durée de vie faible
  • La traduction VF assez pauvre
  • Un brin répétitif

Très bon !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

Envie de réagir ?

Lost Password

%d blogueurs aiment cette page :