Rise of the Tomb Raider [Critique]

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Sorti l’année dernière sur Xbox One, il faut bien avouer que Rise of the Tomb Raider avait de quoi faire baver les possesseurs de PS4. Un Uncharted au féminin, chronologiquement antérieur à celui-ci mais dont les codes utilisés sont empruntés au petit frère… S’il arrive bien trop souvent de comparer les deux, à juste titre, il fallait peut-être bien cette année d’écart pour pouvoir enfin mettre la main sur cette version complète, qui débarque pour célébrer les 20 ans de la série !

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Sur la route de Kitej !

Se déroulant 2 ans après le premier épisode de 2013, Lara Croft n’est plus la même. Revenant de l’enfer et ayant été témoin d’événements surnaturels sur l’île de Yamatai, elle s’est décidée à replonger dans les recherches de feu son père, car elle est désormais convaincue que celui-ci avait déjà découvert que le monde regorgeait de reliques ancestrales et mystiques pouvant défier les lois humaines.

Il y a notamment une affaire que son père n’a jamais réussi à résoudre : celle de la cité de Kitej et du Prophète Immortel ! Notre héroïne décide alors de terminer les recherches du paternel, en plus de devoir arrêter une organisation mystérieuse dont les guerriers se nomment « Les Trinitaires ».  Après une halte servant de tutoriel en Syrie, c’est direction la Sibérie, cœur de l’aventure, que la belle Lara va devoir progresser afin de trouver la cité perdue.

Côté scénario, on ne va pas tergiverser 30 ans autour du pot : c’est la même recette standardisée au possible qui nous est servie-là ! Nous avons donc un méchant chef de guerre armé et aveuglé par sa folie des grandeurs, la fameuse trahison des familles qu’on flaire à 10 kilomètres à la ronde, et à la fin, légèrement banale de l’aventure, qui s’ouvre sur une éventuelle suite… Bref, rien de bien nouveau, mais de toute façon, on se doute bien que nous n’attendions pas Rise of the Tomb Raider sur sons scénario (après-tout, c’est vrai, pourquoi pas demander une histoire novatrice et originale, tant qu’on y est ?).

D’une manière générale, que penser du titre ? Le gameplay proposé ne prend aucun risque, et reprend celui du reboot de 2013 en l’améliorant légèrement pour gommer quelques défauts présents dans l’opus précédent. L’arc fait donc son grand retour, avec les flèches à cordage, permettant de se balancer à droite et à gauche, de dégager des voies ou encore de tracter certain mécanismes. Les armes à feu sont également de la partie, et la plupart d’entre elles se débloquent en déverrouillant des coffres placés çà et là (comme l’aîné le proposait déjà).

Mais alors, tout est exactement pareil ?

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Pour ainsi dire… Oui et non ! En effet, les codes utilisés dans le premier épisode font leurs grands retours et n’apportent concrètement rien de nouveau. Là où nous pouvons noter une évolution appréciable, c’est dans la manière de proposer plusieurs types d’environnements au joueur, plus grands et verticaux qu’avant, et de renforcer le côté exploration/crafting qui était le grand absent de 2013.

Désormais, dépecer des animaux pour récolter leurs peaux sera vital, tout comme miner du fer et d’autres minerais afin de renforcer votre arsenal. Et c’est, force est d’admettre que le soft le gère assez bien, car les tombeaux et secrets annexes sont nettement plus nombreux et favorisent des récompenses nettement plus concrètes. En effet, finir un tombeau débloque carrément un trait de compétence impossible à avoir autrement.

En revanche, là où je m’attendais à être surpris, c’est sur la progression que ce système de craft pouvait amener auprès du joueur. Si le craft est plus présent, la progression n’en bénéficie d’aucune manière et rejoint les standards un peu merdique de ces modèles-là : vous allez à l’objectif et, « Oh miracle : voilà l’objet qu’il me manquait ! ». Je ne dis pas que ce modèle ne fonctionne pas, je dis qu’il n’est pas le seul et que quand on ne prend même pas la peine de le camoufler, c’est dommage, car c’est bien là que le titre pouvait se démarquer.

Pour en revenir à la progression, en plus de ne pas profiter du crafting, elle se veut d’une linéarité sans nom et bien triste : Point A, Point B, cinématique, gunfight, Point C, Point D, cinématique, gunfight, Point E, Point F, etc. Avec, pour couronner le tout, un joli chemin bien tracé, propre qui indique bien au joueur que c’est « là » qu’il faut sauter et pas ailleurs… c’est dommage, car Rise of the Tomb Raider, au final, représente un « bon jeu standard ». Mais se contenter de cela suffit-il à le placer en haut de l’échelle ?

Beaucoup de sites de JV l’ont qualifié de « meilleur jeu de l’année » lors de sa sortie… Je ne dirai pas ça, tout comme je n’ai pas dit qu’Uncharted 4 était le meilleur de jeu de l’année à sa sortie. C’est une recette « connue » qui utilise des codes « connus » avec un scénario « connu » et un gameplay « connu » pour sortir une fin « connue ». Bref, malgré le fait que le titre soit très agréable à jouer, il ne surprend à aucun moment.

Du bon et du mauvais !

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Soyons clair, est-ce que Rise of the Tomb Raider est meilleur que son aîné ? Oui ! Est-il meilleur qu’Uncharted 4 ? À mon sens, oui ! Par contre, restera-t-il dans les mémoires ? Non ! Pourquoi ? Parce que ce genre de jeux s’oublient aussi vite qu’ils sont arrivés. Ils sont très bons, mais se noient dans une masse un peu informe de jeux qui sont les copies conformes des uns et des autres. En soi, c’est très agréable de rejouer une Lara plus adulte et plus humaine que l’éternel stéréotypé bonnet F qu’on nous pondait jusque-là.

Donc, oui, la licence est parvenue à se réinventer, mais dans son « image » seulement, et non dans son « identité ». Voilà pourquoi il ne marquera pas les esprits : c’est un bon divertissement, et les développeurs (ou éditeur, allez savoir qui a poussé derrière) n’ont pas voulus aller au-delà de ce constat, car s’ils le voulaient, la prise de risque serait plus grande.

Donc au final, que retenir du soft ? Une meilleure gestion (et optimisation) des grands espaces et des quêtes annexes qui étoffent le jeu d’une bonne manière (en plus des DLC présents dans cette version PS4), un moteur graphique à tomber, qui retranscrit à merveille les effets de lumières, de neiges et d’animations, le tout servis par une bande son tout aussi Zimmerienne mais efficace. De plus, l’exploration des tombeaux est au rendez-vous et propose son lot d’énigmes toutes bien pensées et non redondantes, ce qui est pour moi un excellent point (on contrôle « LA » Tomb Raider, tout de même).

Le système de compétence est similaire au premier opus, mais propose toutefois des aptitudes plus utiles et moins superflues qu’avant, ce qui les rend vraiment efficace dans le jeu de manière globale. Pour le reste, vous allez courir partout pour dénicher les stèles, fresque et autres documents qui ne servent qu’à entretenir un 100% somme toute illusoire.

En revanche, si vous attendiez l’aventure de votre vie, vous allez être déçu, car le jeu n’apporte rien de tel. C’est un « bon jeu » qui se savoure en l’espace d’une vingtaine d’heures de jeu (contre les cinquante promises dans les trailers d’annonces) mais qui ne bouscule aucuns codes établis.

Rise of the Tomb Raider se pose donc comme un aérosol pour asthmatique : ça apporte une bouffée d’air bienvenue, mais qui ne dure pas assez longtemps pour se débarrasser totalement de l’appareil ! L’exploration est mise en avant de manière bien plus subtile et grandiloquente que son aîné, ce qui est appréciable, mais le soft ne révolutionne pas le JV actuel. Il est « très bon », c’est un fait, mais propose la même soupe qu’on nous sort ailleurs : que cela soit avec du sel ou du poivre, ça reste une soupe, et au bout d’un moment, on veut autre chose ! J’annonce donc tout de suite que je serai plus sévère d’emblée avec le troisième épisode s’il ne vient pas bousculer tout ça !

Points Forts

  • L'exploration mise en avant
  • Les compétences, plus utiles
  • Le background de Lara un poil plus travaillé
  • Les décors, sublimes
  • Le système de craft intéressant
  • Bonne gestion des grands espaces

Points Faibles

  • Un scénario creux
  • La progression linéaire
  • Le 100% illusoire
  • Pas de prise de risque

Très bon !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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