Pokémon Soleil / Lune [Critique]

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La septième génération montre enfin le bout de son nez sur 3DS en la présence de Pokémon Soleil et Lune. Apportant avec lui la promesse d’un univers revisité, l’intrigue se déroule ce coup-ci dans l’archipel d’Alola, îles paradisiaques comportant son lot de secrets.

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Une technique en hausse

Ce qui saute le plus aux yeux lorsque l’on débute l’aventure, c’est en premier lieu le soin apporté aux graphismes, à l’environnement ambiant et surtout à la mise à l’échelle des lieux, des zones et des personnages. En effet, pour la première fois, la mère du héros possède enfin sa propre chambre et la maison de manière générale à enfin un air de « maison ».

Blague à part, le fait d’avoir des décors plus réalistes et des expressions faciales beaucoup plus expressives donnent une toute nouvelle façon de s’immerger dans le jeu. Ainsi, on peut entendre dans les recoins les cris des Pokémon alentours, on peut voir parfois les hautes herbes bouger, et, petit détail qui je trouve a son importance : les dresseurs sur les routes ne sont plus obligatoirement fixes. Les différents adversaires errent sur la map, en se baladant, en tournant en rond, en admirant le paysage, et le combat ne débute que lorsque vous rentrez dans leur champ de vision. Cela renforce encore plus le côté exploration : les PNJ ne nous attendent plus patiemment, ils tombent sur nous quand nous baissons notre garde.

Je pourrais lister pendant un moment encore ce genre de petits détails plutôt sympathique, mais je vais plutôt résumer cela en une seule phrase : le « packaging » Du jeu à fortement été revu à la hausse, par la présence et surtout l’amélioration des menus, écrans, raccourcis et autres qui facilitent le parcours du joueur et la compréhension des différents systèmes. Ainsi par exemple, lorsque vous rencontrez un Pokémon pour la première fois, vous devrez vous débrouillez pour l’attaquer ou le capturer, et une fois ceci fait, vous débloquerez la fonctionnalité qui vous montrera si telle ou telle attaque sera efficace ou non pour les joutes suivantes. Personnellement, cela ne m’a fait ni chaud ni froid, car lorsque l’on garde la table des types en tête, tout va bien, mais force est d’admettre que cela va grandement faciliter la prise en main par les débutants.

Concernant les fondamentaux de la série, exit les champions d’arènes, les badges et autres défis qui faisaient office de traditions dans les précédents opus. Techniquement, si l’on veut être le plus précis possible, il vaudrait mieux parler de traditions variantes, car même si les champions et les badges ne sont plus là, c’est plutôt des boss, des épreuves et des tampons qui remplacent tout ceci. La façade a changée mais pas le fond, donc. Autre exemple éloquent : le fait de voir les dresseurs adverses lors des combats, ainsi que leurs animations, rajoute encore une touche d’immersion, et plus d’une fois je me suis pris au jeu, pointant ma 3DS du doigt en hurlant « Tu vas souffrir, saleté ! ».

Concernant les épreuves, petits coup de gueules, car si dans l’idée cette initiative était louable, elle se vautre dans la fange en réalité. Creuses et insipides, elles auraient pu être merveilleuses si elles n’étaient pas aussi lourdingues. Grosse déception donc, surtout lorsque l’on remarque qu’elles sont véritablement bâclées en fin de jeu (mais vraiment, du genre « on en a plus rien à foutre, fini vite le jeu »).

Effectivement, nous avons là le plus RPG de tous les Pokémon. Par contre, il y a un point à soulever sur la manière dont est composé cet épisode : la linéarité.

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Droite ou gauche ? On s’en moque, ça se rejoint !

C’est un peu l’idée générale de ces deux opus qui font croire aux joueurs que les différentes routes sont tortueuses, presque labyrinthiques et remplies de pièges, alors qu’en réalité, ce n’est qu’une illusion d’optique. En effet, si certains lieux sont bien cachés et vous demanderont d’avoir avec vous le bon Pokémon-Monture, je dois admettre que j’ai eu la sensation que l’archipel d’Alola était tout petit. Non pas que je demande un monde ouvert, mais je n’ai pas eu cette même sensation grisante que les fois où j’ai parcouru Hoenn, Sinnoh ou Unys.

D’ailleurs, petit crochet sur les Pokémon-Monture, dont je trouve l’utilisation et l’idée plus que brillante. Fini les C.S. qui emprisonnaient un Pokémon au simple statut « d’esclave de capacités ». Désormais, lorsque vous devez vous frayez un chemin, voler ou surfer, vous appelez un Pokémon spécialement fait pour, et vous pouvez donc vous consacrer uniquement à votre équipe. Ainsi, Tauros remplace « Eclate-Roc », Sharpedo et Lokhlass « Surf », Dracaufeu « Vol » et Mackogneur « Force » (sans oublier Mastouffe, qui a perdu en crédibilité depuis cet opus à force de coller sa truffe dans la m**** des gens). Une touche suffit à les appeler : plutôt sympa !

Avec un peu de recul, je me dis que Pokémon Soleil & Lune sont les opus que nous aurions voulus voir débarquer un peu plus tôt. En soi, ils ne révolutionnent absolument pas la licence, malgré l’ajout stratégique des « Attaques Z », sorte d’attaques Ultimes dévastatrices.

Le principe est simple, si vous avez un cristal Z de type Ténèbres, n’importe quel Pokémon de votre équipe possédant une attaque Ténèbres (même si le Pokémon n’est pas du type en question) verra celle-ci se transformer en attaque Z, avec des effets amplifiés. Ainsi, un Papilusion de type Poison et Insecte, mais connaissant Choc Mental de type Psy pourra s’équiper du cristal Z Psy pour augmenter les effets de Choc Mental. Nous pourrions penser à juste titre que cela dynamiserait les joutes, mais en l’état, cela n’apporte au final pas grand-chose.

Soyons clair, c’est fluide, c’est puissant et c’est nouveau, mais en fin de compte, cela facilite un peu trop les combats.

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Autre dimension, autre problème !

C’est l’une des nouveautés de ces opus : les Ultra-Chimères. Très présentes dans le cœur du scénario, il est cependant dommage qu’on ne puisse les rencontrer qu’une fois le jeu terminé. Ces nouveaux ennemis auréolent encore plus de mystères la fameuse théorie des multivers Pokémon (qui stipule la pluralité des dimensions qui sont composées des mêmes mondes, mais avec des variantes dans l’un qui n’existent pas dans l’autre, comme la Méga-Evolution).

En soi, ces créatures sont très bien implémentées au jeu. Elles semblent juste ce qu’il faut d’organique pour ressembler à des Pokémon, mais trop mécaniques pour être considéré comme tel. Ce paradoxe flagrant étend les horizons de la licence, et je me demande bien ce que cela va donner à l’avenir. Pour information, une toute nouvelle ball a vu le jour spécialement pour les capturer : l’Ultra Ball !

Les « à-côtés » proposé par le jeu sont, eux aussi, plutôt minimes, même s’ils sont bienvenus. La Battle Royale, match en 1v1v1v1 est plutôt sympathique aux premiers abords, mais personnellement, je n’ai pas plus accroché que cela. Par contre, j’ai passé pas mal de temps à customiser mon dresseur, lui acheter de nouveaux habits, ou même personnaliser ma pose de combat (la manière dont on lance la pokéball). Il y a donc à boire et à manger pour tout le monde, les accros du combat comme les explorateurs qui prennent leurs temps.

Pour commencer tout doucement à glisser vers la fin de cette critique, que dire de plus ? Pokémon Soleil & Lune sont deux très bons opus, qui parviennent à donner ce petit vent de fraîcheur que personnellement j’attendais. Pour autant, même si les bases sont revisitées, les softs ne prennent pas non plus trop de risques. Ce n’est clairement pas avec ces deux-là que vous aurez la révélation de l’année concernant Pokémon.

À contrario, ils sont très plaisants à parcourir en long, en large et en travers. Si je devais résumer grossièrement mon avis, je dirai que ces softs sont le coup de maquillage dont la saga avait besoin, mais la transformation n’est pas finie, il manque encore quelques épisodes avant d’atteindre l’orgasme final. Qui sait, sur Switch ?

Pokémon Soleil & Lune s’est réinventé, en façade du moins, car malgré cette promesse de changement, rien n’a véritablement été opéré. Combats toujours dynamiques, intrigue un peu mieux maîtrisée qu’à l’accoutumée, les deux opus ont le mérite de doucement faire chavirer la série vers de meilleurs horizons. Ils m’ont enchanté, le temps d’une trentaine d’heures (par jeu, bien sûr) et je continue encore à combattre d’autres joueurs en ligne, à échanger et à faire les multiples à-côtés qu’ils proposent. Bref, ce ne sont pas eux qui repartiront avec la palme, mais ils annoncent que la saga commencent à se transformer, ils sont les portes paroles, et à fortiori de très bons orateurs.

Points Forts

  • L'ergonomie revue
  • Les Ultra-Chimères, bien amenées
  • Le scénario maîtrisé et convaicant
  • Les personnages secondaires attachants
  • Les joutes qui gagnent en spectaculaire
  • Le post-game sympathique
  • Les Pokémon-Monture
  • Visuellement très beau

Points Faibles

  • Les épreuves, mal foutues
  • Les attaques Z, assez inutiles
  • Pas compatible avec la Banque Pokémon (pour l'instant)
  • Manque encore de conviction

Très bon !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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