Pokémon Picross [Critique]

Nintendo ne se moque pas souvent des joueurs, mais force est d'admettre que quand il s'y colle, il le fait jusqu'au bout !

Si vous ne connaissez pas le Picross, il s’agit d’un type de jeu où l’on doit remplir les cases d’un tableau afin de former, au final, un dessin plus ou moins pixellisé selon la taille de celui-ci. Nintendo, désireux de vendre sa franchise Pokémon à toutes les sauces, à fait lui aussi un essai avec ce type de puzzle-game et autant dire que le résultat ressemble à… De l’amour vache !

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Un concept efficace dans la forme…

Oui, efficace, très efficace, même. Le concept du Picross, pour qui y adhère, est un vrai plaisir, surtout s’il y a des Pokémon et que ceux-ci permettent de sortir des sentiers battus en proposant une aide appréciable. En effet, chaque tableau réussi équivaut à un Pokémon capturé, et ce dernier permet d’utiliser un pouvoir précis lors du prochain Picross. Ainsi, globalement, les Pokémon Électriques permettent de ralentir le temps, les Spectres de le stopper littéralement, tandis que d’autres, comme les Pokémon Feu ou Dragon, feront exploser une bombe (colonne, croix, ligne, losange ou carré) qui remplira les cases du tableau à votre place. Sympa !

À cela s’ajoute des objectifs secondaires qui, avouons-le, ne cassent pas trois pattes à un canard (entendez par là qu’ils se répètent beaucoup), mais ils permettent de récolter des Picrites ainsi que des Fragment de Fresque. Et c’est ICI, mesdames et messieurs, que nous allons attaquer le cœur du problème de Pokémon Picross, à savoir : la fucking progression !

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Mais carrément pas dans le fond !

Disons-le tout de suite, Nintendo a carrément foiré son coup de ce côté. Non pas que la progression soit linéaire ou alors pas très ludique (on parle de Picross, quand même, pas d’un film de Michael Bay), mais si vous désirez finir le jeu à 100% et sans débourser un seul centime, sachez d’ores et déjà qu’il vous faudra au minimum 1 an, en jouant TOUS LES JOURS, pour espérer entrevoir les derniers tableaux. Rassurez-vous, je m’explique !

Pokémon Picross repose sur le modèle économique du Free-to-Play, et à moins d’être resté coincé dans une grotte les 10 dernières années, vous êtes forcément tombé un jour ou l’autre sur un jeu vidéo reposant sur ce modèle (dégueulasse). Le principe ? Un jeu volontairement lent, où la progression est stoppée nette par… Le Temps ! En effet, vous avez un nombre limité d’actions par jour et une fois épuisée, vous devez attendre que le jeu vous dise, de lui-même (un comble !) que vous pouvez rejouer. Pokémon Picross n’échappe pas à cette règle. Lorsque vous remplissez une case du tableau, une jauge, sobrement baptisée « jauge P », se vide. Lorsque celle-ci est vide, vous ne pouvez plus faire de tableau. Deux solutions s’offrent à vous : soit vous attendez, soit vous dépensez des Picrites pour remplir le pinceau. Une honte.

Les Picrites se retrouvent donc au cœur du gameplay du soft. Et si, au début, comme tout Free-to-Play qui se respecte, la progression est facile et on vous balance des Picrites comme une faciale dans un porno, force est de constater qu’avec le temps (en fait au bout de 15 minutes de jeu) on vous ferme la porte au nez, et le jeu se targue bien de vous le remémorer : « à partir de maintenant, tu casques !« .

Rassurez-vous, il est tout à fait possible d’obtenir des Picrites sans payer, via un entraînement quotidien qui est encore plus radin que le reste du jeu. Au plus haut niveau, et en réussissant 7 Picross en moins de 2 minutes, ce n’est pas moins de 15 Picrites que vous pourrez gagner par jour (13 si vous faites plus de 2 minutes). Quand nous savons que débloquer une zone coûte une centaine de Picrites, et dans les 300 Picrites en fin de jeu, nous vous laissons faire le calcul du nombre d’entraînement qu’il vous faudra pour terminer le jeu.

Et voilà, chers amis, la spirale infernale de Pokémon Picross, qui, en soi, à tout pour être un très bon jeu, mais qui vous fera payer chaque seconde où vous n’avez pas voulu lâcher de l’argent réel. Parce que oui, dès qu’on parle argent, le jeu se libère beaucoup plus, et après avoir acheté 5000 Picrites dans la boutique (l’équivalent d’environ 32€), c’est l’effet inverse qui se produit. Le jeu vous autorise absolument tout. Pinceau infini, toutes les zones déblocables, le temps de repos des Pokémon gratuit… Et c’est une tout autre dynamique qui s’offre au joueur ! Pourquoi, messieurs de chez Nintendo, ne pas avoir directement proposé le jeu en version physique à ce prix-là ? Puisque de toute façon, le jeu est un perpétuel doigt d’honneur aux fans de Pokémon qui fait bien comprendre que tant que nous ne payons pas, on ne prendra pas du plaisir avec ce jeu. Dommage, car le concept était présent !

Alors, bien sûr, niveau durée de vie, chacun est juge. En payant pour avoir le « jeu complet » la durée de vie est très honnête, car soutenue par un mode alternatif nommé « Mega-Picross » qui reprend exactement les mêmes tableaux que le mode normal, mais en augmentant la difficulté du Picross. Ceci étant dit, si vous ne payez pas, sachez que débloquer ce mode coûte 500 Picrites, alors autant dire que vous ne pourrez jamais vous y essayer.

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Dommage, c’est tout ce qu’il y a à dire ! Pokémon Picross a tout ce qu’il faut pour devenir un excellent spin-off de la licence phare de Nintendo, mais un gameplay bridé couplé à un modèle économique discutable font sombrer le navire au fond des abysses. Tournez-vous plutôt vers la série « Picross-e » qui assure mieux le show, et pour seulement 5€…

Points Forts

  • Les pouvoirs des Pokémon
  • La durée de vie (une fois acheté)

Points Faibles

  • 30€ pour le 100%
  • Un système bridé
  • Le doigt d'honneur aux fans
  • Le prix des zones

Naze !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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