Nioh [Critique]

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Narrer les aventures du premier Anglais ayant foulé les terres japonaises et ayant appris les rudiments du Bushido : voilà un bon pitch de départ ! Fortement comparé à son homologue Dark Souls, Nioh parvient à se poser avec sa propre identité, et arrive à se démarquer sans communes mesures avec les titres de From Software !

Préambule

Avant toute chose, il est de bon ton de préciser que le développement de Nioh fut pour le moins chaotiques. En effet, le projet passa de mains en mains, de studio en studio, avec des idées et des genres de jeux tous différents. Ce n’est qu’une fois que ce dernier fut confié à la Team Ninja, connu pour les Ninja Gaiden, mais également pour avoir redynamisé le genre Mûso récemment avec Hyrule Warriors ou DragonQuest Heroes, que Nioh a véritablement pu décoller pour devenir le titre que nous avons sous les yeux aujourd’hui.

Ainsi démarre l’histoire de William Adams, navigateur occidental foulant les terres japonais en proie à la guerre. Guerre entre clans dans un premier temps, mais également avec les Yo-Kai, esprits tantôt amicaux, tantôt dangereux, issus du folklore nippon.

« From Software ta Mère ! »

Nioh (10)

Balayons d’un revers de la main les aprioris et autres préjugés faussant l’avis que l’on peut se faire de Nioh : OUI, c’est un Dark Souls-like, et NON, ce n’est pas simplement un pompage de « La Morteflamme chez les Nippons ! ». En effet, Nioh propose réellement une aventure fraîche, dépaysante, et se paie le luxe de le faire d’une très belle manière.

Le titre se veut exigeant et implacable, mais ne manquera pas de récompenser les efforts fournis. Ainsi, les Game Over seront nombreux, car les nombreux pièges et ennemis ne vous laisseront que peu de temps pour reprendre votre souffle. Le système de combat vous offre le choix de plusieurs armes (katana, double katana, lance, etc.) qui possèdent chacune un move-set propre représentent autant de façon de jouer, de se mouvoir et d’appréhender les joutes.

En plus d’avoir votre style, il faudra aussi apprendre à jouer des « postures ». Haute, moyenne ou basse, la clé de vos futures victoires résident dans le fait de savoir efficacement jongler entre le fait de frapper lentement mais fort, ou minablement mais rapidement. Rajoutez à cela le fait de posséder des armes à distance vous permettant très souvent de « one-shot » les ennemis lointains qui ne vous auraient pas encore remarqué. Dès lors, s’ouvre au joueur une analyse de terrain très bien ficelée mais également très exigeante.

Exigeante, oui, mais pourquoi ? À l’instar de Dark Souls (et de bien d ‘autres jeux du genre), vous possédez une jauge de stamina. Bien entendu une fois celle-ci vide, vous ne pourrez plus attaquer, ni esquiver les attaques adverses, il faudra donc surveiller de manière intelligente son évolution afin de ne pas se retrouver à court d’énergie en plein milieu d’un duel (et j’utilise le mot « duel » car c’est souvent la manière la plus adapté de ne pas mourir : ne provoquer qu’un adversaire à la fois).

Là où le titre se démarque de manière remarquable, c’est dans le fait de proposer au joueur, après chaque coup porté, de regagner intégralement ou partiellement l’énergie consommée durant l’attaque. Il suffit pour cela d’appuyer sur la gâchette avec un timing parfait. Difficile dans son exécution, cette technique vous sauvera plus d’une fois, il est donc primordial de savoir l’utiliser.

Du loot en veux-tu, en voilà !

Nioh (6)

Alors là, ce point va faire grincer certaines dents, et pas d’autres. Comme il y a le goût et les couleurs, il y a le loot et la douleur ! Et ce n’est pas peu dire, car Nioh n’est pas juste « généreux » en terme de contenu et de loot, il est tout bonnement colossal ! Tellement colossal que vous croulerez très vite sous les dizaines et les dizaines d’armes, de consommables, de munitions, de talismans, etc.

Pour ma part, cela m’a gêné, tout simplement car j’ai du mal à assimiler cette mécanique de « récompense » si on me noie sous les items. Effectivement, il y a des « rangs » qui vous permettent d’avoir des objets plus rares que d’autres, mais très vite, et avec l’aide bien utile de la forge, on se rend vite compte que ce côté « collectionnite » est assez superflu et entache quelque peu la satisfaction que l’on peut avoir à abattre un adversaire coriace. J’aurai préféré un peu plus « d’individualité », car pour le coup, on se dit que rien n’est unique.

Alors oui, de temps en temps on trouve une arme plus forte que les autres parce que nous avons eu le cran de défier un monstre optionnel plus fort que nous, mais dans les faits, nous ne trouvons pas d’armes « folles », nous trouvons simplement des armes normales plus tôt que prévu, ce qui les rend fortes. Au final, on se retrouve avec une besace d’items dont on ne sait très vite plus quoi en faire.

Heureusement, la forge est là. Disponible sur la « Carte du Monde », cet endroit vous permettra de fusionner, démanteler ou forger l’équipement adéquat pour vos futures missions. Indispensable, son utilisation est très bien introduite et réellement efficace, puisqu’il y a un vrai système de « transmission de bonus » de pièces en pièces qui vous permet de forger ou d’améliorer de l’équipement avec des bonus non-négligeables.

William, notre héros, est quant à lui personnalisable, et ce n’est pas peu dire. Armures, armes, accessoires, absolument tout y passe, et c’est un régal de l’habiller avec les costumes que nous apprécions ! Pour le reste, vous avez un arbre des compétences correspondant à votre style de combat, auquel vous devez rajouter la magie (jutsu) pour devenir encore plus monstrueux lors des joutes, mais vous avez également les titres, sortes de « trophées » dévrouillant certaines aptitudes de statistiques. Appréciable !

Une construction pas toujours au top !

Nioh (4)

Quelques mots rapides sur la direction artistique et la bande-son : les deux sont magnifiques et rendent hommage au caractère « solennel » et « épique » des samouraïs et du folklore japonais en général.

En revanche, un des points qui m’a plutôt déçu est le level-design. Choisir ce type d’environnements, souvent intérieurs et caverneux, n’était pas forcément la meilleure du monde. Certes, leurs constructions, avec de multiples raccourcis sont convaincantes, mais en prenant un peu plus de recul, on s’aperçoit très vite que ces lieux ne racontent absolument aucune histoire, aucun passif. Sans compter que ces « donjons » ont la fâcheuse tendance à tous se ressembler : un couloir, une grande pièce, un couloir, une grande pièce, etc.

Une fois que vous avez terminé une zone, vous arrivez sur une carte du monde fixe, faisant office de hub central, qui vous laisse le choix d’attaquer une nouvelle zone, ou de retourner dans l’ancienne pour effectuer des quêtes avec plusieurs loots plutôt sympathiques à la clé. Alors ce n’est peut-être que moi, mais j’ai eu la forte impression de me retrouver dans un D-RPG, version « costaud ». Le problème avec ces jeux-là, c’est que s’il n’y a rien à côté pour entretenir le feu (oups, jeu de mot involontaire), eh bien on se lasse assez vite. Et ce n’est clairement pas le scénario de Nioh qui vous laissera pendu à votre manette, car celui-ci se veut plutôt creux, voire même n’hésite pas à « exclure » en balançant des textes à rallonge avec des personnages sortis d’on ne sait où.

Bon, je râle, je râle, OK ! Mais en soi, Nioh fait son œuvre à merveille et propose assez de nouveautés, de charisme et de prise de risques pour arriver à charmer. Son plus gros atout et sans nul doute son système de combat, très bien pensé et optimisé pour les néophytes comme pour les habitués du genre. Gameplay exigeant mais jouissif, avec assez d’à côtés pour vous en mettre pleins les mirettes des heures durant, il fait le boulot, et le fait bien. En revanche, il est question de quelques maladresses qui auraient pu être évitées, comme le choix d’intégrer du loot à outrance et des environnements creux qui ne transpirent aucunes émotions. C’est dommage, car il était à peu de chose de concurrencer les plus grands, mais je suppose que quand on voit d’où vient le jeu, et avec quels handicaps il a dû grandir, on ne peut que saluer la prouesse des développeurs de l’avoir amené aussi près des étoiles !

Points Forts

  • Un gameplay soigné et optimisé
  • Le folklore japonais intriguant
  • Prévu pour tous types de joueurs
  • Une direction artistique aguicheuse
  • Les différents styles de combats
  • William est hyper personnalisable

Points Faibles

  • Le level-design un peu bâclé
  • Le loot "surdosé"
  • Environnements plutôt lisses
  • Scénario moyen

Très bon !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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