Metal Gear Solid V : The Phantom Pain [Critique]

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Aboutissement de l’œuvre d’un génie vidéoludique, Metal Gear Solid V : The Phantom Pain place la dernière pièce du puzzle imaginé par Hideo Kojima dans les années 80.

Un réveil difficile

Si j’ai un peu de mal avec l’égocentrisme et la prétention du père Kojima, je ne peux que m’incliner sur un point : c’est un as du scénario. Alors que pas mal gueulaient déjà sur la « démo technique » vendue 20€ Ground Zeroes, (que je vous conseille de faire avant vous attaquer au V), celle-ci trouvera tout son sens à la fin de ce cinquième épisode.

Les événements surviennent 9 ans après que Big Boss ne soit tombé dans le coma, sa SMP (Société Militaire Privée) anéantie par Skull Face et… un membre en moins ? On retrouve bien là la patte du maître, à savoir perdre le joueur dans des interrogations alambiquées, mais, comme toujours, elles trouveront toutes une réponse au cours du jeu. Dès son réveil, pour le moins difficile, Big Boss échappe de peu à son assassinat et quitte l’hôpital dans lequel il se trouve afin de recouvrer sa liberté, non sans avoir échappé à un ou deux événements pour le moins surnaturels en route. Dès lors, celui-ci se rebaptise Venom Snake, soldat avide de vengeance désirant recréer sa force armée et mettre Skull Face à terre une bonne fois pour toute.

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« Les deux zones de jeu sont énormes, bien qu’un chouïa vide ! »

Votre première mission sera de libéré Kazuhira Miller (futur mentor de Solid Snake, le fils de Big Boss) et ce dernier vous apprendra à gérer votre base correctement. Vous serez également soutenu par Revolver Ocelot, toujours présent, qui a forcément pris quelques rides depuis MGS 3. Cette première mission sera l’occasion de découvrir le système mis en place pour cet opus, qui tranche radicalement avec ce que la série a toujours proposée. Nous avons réellement la sensation d’être un soldat en mission d’infiltration, et si le bourrin est toujours une alternative passable, ce ne sera pas toujours le cas. Tout est fait pour que vous deveniez littéralement un fantôme.

Vous pourrez, bien entendu, utiliser une panoplie d’armes, de gadgets, d’objets et de moyens de locomotions variés, mais tous ne seront pas à votre goût. De plus, le jeu est conçu pour que chaque joueur puisse trouver son propre style. Pour ma part, j’ai fini le jeu entièrement avec le premier pistolet tranquillisant de début de jeu, je n’en ai jamais changé. Je me suis simplement armée d’un bon lance-roquette pour les situations imprévisibles, et ça a très bien fait son affaire.

« Tu es une légende, pour ceux qui ont connu le champ de bataille ! »

Le côté imprévisible, parlons-en, justement. L’I.A., bien que parfois sujette à débat, fait remarquablement bien le travail. Les soldats sont aux aguets, curieux, et n’hésitent pas à poser des leurres (des ballons en forme de soldat) pour vous faire tomber dans le panneau. On tire, le ballon explose et tout le monde vous repère. Sympa ! Ils n’hésitent pas non plus à faire des rondes régulières, à communiquer entre eux et à essayer de vous tendre des pièges. Pour limiter cela, il faut tenter de détruire les systèmes de communications, ne serait-ce que pour les freiner, mais là encore, ils peuvent sortir un émetteur portatif pour devenir indépendant. Fourbe, je vous dis !

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« Foncer dans le tas est une option, mais soyez sûr de pouvoir gérer l’après-coup ! »

Il faut donc redoubler de prudence, et ne pas se faire remarquer. Pour cela, les actions que le jeu vous propose sont énormes. C’est simple, Big Boss se déplace comme le vent, réagit parfaitement aux commandes du joueur et peut désormais plonger (appréciable). Ce n’est pas tout, les actions d’infiltrations sont également nombreuses. En effet, on vous laisse le soin, à chaque fois, de choisir votre propre méthode. Vous vous avez envie de venir par le Nord, couper le générateur électrique pour éteindre les lumières et vous planquer dans un baraquement : c’est possible ! À contrario, si vous désirez faire rentrer votre voiture dans un radar, quitte à faire plus de bruit : c’est possible aussi ! Et il faudra vous accommoder de plusieurs méthodes, car les zones à infiltrer (bases aériennes, laboratoires, postes de garde) deviennent de plus en plus grandes. On atteint la bonne dizaine de kilomètres carrés vers la fin du jeu. On ne dirait pas, mais c’est juste énorme à explorer sans se faire repérer (d’où le fait que le contenu du jeu soit conséquent).

La Mother Base : le fleuron de MGS V !

Ah, la Mother Base… Elle deviendra très vite chronophage ! Cette base se développe en fonction des ressources et des mercenaires que vous ramenez de mission. C’est pourquoi il est très important de ne pas tuer les gardes, mais plutôt de les assommer (ou les endormir) afin de les rapatrier chez vous. Ils se font laver le cerveau et rejoigne vos rangs. Ainsi, votre base commencera à se doter d’une équipe de R&D, d’une équipe médicale ou en encore d’une unité de combat, qui partira faire des missions annexes et rapportera des récompenses. Un véritable jeu dans le jeu, car le principe de gérer la Mother Base relève véritablement de la stratégie. Allez-vous allouer plus d’hommes à la recherche ou aux renseignements ?

Il faudra pourtant faire un choix, car ils développeront pour vous de nouvelles tenues de camouflages, de nouvelles armes et même des supports pour votre hélicoptère de combat. Après un petit moment, vous aurez même votre propre plateforme zoologique, qui vous permettra d’admirer les moutons, ânes, chèvres et même ours que vous aurez capturé. Cela ne paie pas de mine, mais le concept est formidablement bien pensé, et permet de prendre un peu de repos, surtout lorsque les missions (qui sont très linéaires) vous saoule un peu.

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« Miller et Ocelot seront vos plus précieux alliés contre Skull Face ! »

Des défauts vite gommés !

Eh oui, personne n’est parfait, et Metal Gear Solid V : The Phantom Pain n’échappe pas à la règle. Un des défauts récurrents, surtout en début de jeu, est le fait que vous soyez… à pied ou à cheval. L’un dans l’autre, c’est du pareil au même, car les objectifs de mission sont souvent très éloignés et vous demande donc de passer beaucoup de temps sur la route. Bien sûr, vous pouvez appeler l’hélico pour vous faire transporter, mais ça coûte de l’argent, c’est long, c’est chiant et ça vous évite également de visiter quelques bases sur le chemin qui vous feront gagner des ressources précieuses. Et croyez-moi, de l’argent et des ressources, on n’en a jamais assez dans ce jeu !

La linéarité des missions peut également être soulevée. Le principe est souvent le même : soit vous devez extraire quelqu’un pour le ramener à la base, soit vous devez tuer une cible en particulier. Au bout d’un moment, ça lasse un petit peu, mais c’est étrange de voir à quel point MGS V peut vite devenir un gouffre de temps, tant le côté addictif est présent (surtout avec la Mother Base). De temps en temps, les missions dites « de scénario » proposent de jolies cinématiques, avec les intrigues qui vont avec. De plus, les personnages présentés sont assez creusés pour constituer un noyau scénaristique solide autour duquel vous graviterez sans problèmes. Un bien pour un mal, en somme, ceci-dit, les « quêtes annexes » sont assez nombreuses pour vous tenir en haleine un bon petit moment. Il s’agira d’extraire des interprètes, de trouver des plans pour développer des armes spécifiques, même si vous n’en aurez probablement pas besoin. C’est un remplissage facile, mais efficace !

Et je ne parle même pas du mode en ligne, qui ne m’a pas branché plus que cela, mais qui permet toute de même de se créer une autre base que les autres joueurs peuvent envahir : à vous de la défendre au mieux avec vos ressources. De plus, vous pouvez également tenter de prendre d’assaut une base adversaire. Dans l’idée, c’est très pertinent et cohérent avec le contenu proposé. Le tout s’accorde très bien. Moi qui n’ai jamais accroché aux jeux d’infiltration, cette saga (en me forçant à les faire tous) a véritablement initié un déclic chez moi qui m’a permis de savourer cet épisode dans les meilleures conditions possibles, et c’est ce que je recommande à tous !

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain se suffit à lui-même. Y jouer, c’est bien, mais y jouer en ayant fait les 4 épisodes précédents (plus Peace Walker) le transforme en véritable pépite de scénario. Kojima surprend, étonne et ravi les fanas d’infiltration. Des jeux de cette trempe sont rares et méritent d’être portés en éloges ! Une durée de vie dépassant la cinquantaine d’heures (hors annexes), un système de gestion de votre base bien pensé et bien ficelé, un gameplay efficace et une liberté d’action absolument folle… Bref, si le titre a quelques défauts pas bien méchants, il se rattrape avec un enrobage redoutable et addictif. J’insiste sur le fait d’avoir fait les 4 premiers opus afin de savourer la moindre boîte de dialogue et le moindre clin d’œil. De plus, le final, en apotéose, est fort d’une leçon de vie que nous devrions tous appliquer. Inutile d’aller plus loin : c’est du grand Art, et n’oubliez pas : « Nous sommes tous des Big Boss ! ».

Points Forts

  • La durée de vie
  • Le scénario magistral
  • Le casting de personnages puissant
  • Le gameplay libre et technique à la fois
  • La gestion de la Mother Base
  • Le mode en ligne sympathique
  • Les graphismes somptueux

Points Faibles

  • Les missions un brin linéaires
  • Les temps de déplacements
  • Le "faux" remplissage de contenu

Excellent !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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