Final Fantasy VII : pourquoi le remake est un pari risqué !

Final Fantasy VII Remake

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Final Fantasy VII : pourquoi le remake est un pari risqué !

Final Fantasy VII : pourquoi le remake est un pari risqué !

Alors là, je sais que je touche une corde sensible, mais dès le début, entendons-nous bien : il n’est pas question de dire ici que Final Fantasy VII remake, tant attendu des fans, sera mauvais, mal travaillé ou décevant au sens technique du terme. Non, ici, je vais essayer d’apporter des précisions sur le fait qu’il risque (à mon sens) d’être décevant sur le plan nostalgique ! Il y a essentiellement 2 groupes de fans qui attendent le jeu, et l’un d’entre eux sera déçu plus que l’autre !

 

Nostalgie versus Sens Critique

Eh oui, car, principalement, 2 types de joueurs sont concernés par la sortie du remake de Final Fantasy VII. D’un côté, les néophytes, qui découvriront le jeu pour la première fois, et ceux qui le connaissent déjà. Chers amis, il s’agit là de la bataille immuable qui pollue le jeu vidéo depuis trop longtemps déjà, à savoir celle de la nostalgie face à l’esprit critique. 

 

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Mario et Sonic représentent la nostalgie des années 90 !

De mes expériences de vies, de mon âge, de mes croyances et de ma subjectivité, je rentre donc dans la catégorie des nostalgiques, que je le veuille ou non. Cela étant, cela ne signifie que vous et moi n’avons pas l’esprit critique. Au contraire, il est là, bien présent, et c’est même lui qui nous rend de plus en plus acteurs du milieu du jeu vidéo (notamment grâce au financement participatif, par exemple). Nous sommes donc plus acteurs que nous ne le serons peut-être jamais. Par contre, notre point faible, c’est la nostalgie : ou comment chérir un souvenir particulier et l’opposer de manière irrationnelle à une réalité souvent bien différente.

L’objectivité n’existe pas dans les domaines artistiques – je pends le premier qui m’affirme le contraire – car que cela soit l’artiste ou le public, c’est notre expérience qui nous fera aimer, ou non, l’oeuvre en question. Tel est l’adage : « tous les goûts sont dans la nature ! ». Nous y tenons à notre subjectivité, c’est cela qui fait de nous des êtres à même de critiquer notre environnement. Donc quelqu’un qui annonce : « j’ai fait ce jeu, et je vais essayer d’être objectif », je le pends par les couilles en lui faisant chanter La Marseillaise. C’est clair ?

 

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Cet extrait représente l’évolution des originaux… Pas très glorieux, hein ?

Non, je plaisante, mais plus sérieusement, cette bataille acharnée de la nostalgie contre le sens critique, n’a pas lieu d’être, car elle est sujette à des incohérences tout comme à des coïncidences. En effet, je prends mon pied sur Final Fantasy IX car pour moi, il n’a pas vieilli (c’est un de mes jeux favoris), mais j’avais également de bons souvenirs de GoldenEye 64, et la dernière fois que j’y ai touché, j’ai eu envie de me crever les yeux. Cet avis sera probablement inverse avec l’un d’entre vous, chers lecteurs.

Loin de moi l’idée de froisser certaines personnes qui passeraient tranquillement sur ce dossier, le message de ce paragraphe est en réalité plus spirituel qu’il n’en a l’air : nous avons tous des souvenirs à garder précieusement en mémoire, et c’est ce qui modèle notre expérience de joueur. Le danger, en revanche, est de le laisser prendre une place trop importante qui pourrait gâcher une expérience actuelle. Je sais déjà que ça sera le cas, personnellement, avec Final Fantasy VII Remake.

 

1997 versus 2017

Le titre de ce paragraphe illustre bien mon état d’esprit. Entre 1997 et 2017, quelle est la différence ? Bien entendu, 20 ans ! Mais 20 années pour qui ? Pour le jeu ? Pour le studio ? Pour nous-même ? C’est un peu tout cela qui se mélange, se mêle et s’entremêle pour, au final, constater que nous avons tous grandi. Le Monde a grandi, lui aussi, et Final Fantasy VII également.

Je pense que je vais être déçu de ce jeu. Non pas parce que l’original est inégalable, mais parce que Square Enix va essayer de me faire revivre une époque nostalgique avec des outils différents. Dès lors que le système de combat est différent, que la mise à l’échelle est différente,  que les décors sont différents, comment faire revivre la nostalgie avec des éléments qu’on ne reconnaîtra plus ? Dans ce cas-là, que reste-t-il ? Un jeu de combat très nerveux (voir trailer ci-dessous), dynamique et réaliste. Donc, en somme, tout le contraire de l’original. C’est la description parfaite d’un Dissidia, d’un Hyrule Warriors ou d’un autre Muso. N’est-ce pas une erreur que d’avoir voulu reprendre un vieux titre plutôt que d’essayer de lancer une nouvelle licence ?

 

Scènes de bataille du remake

Scène de bataille de l’original

Je me doute que ceux qui ont connus la saga des Final Fantasy avec, par exemple, l’épisode XIII, ne seront pas dépaysés. Je me doute également que Square Enix fait cela dans le but de faire connaître un grand classique du jeu vidéo à celles et ceux qui ne le connaissent pas. Mais partant de là, la « nouvelle génération » va considérer Final Fantasy VII  remake comme un « vieux FF XIII », car le produit sera au final dénaturé. Vous allez me dire, c’est le principe du remake que de donner une nouvelle vision à une oeuvre (beaucoup confondent avec remaster), ceci-dit, dans un jeu vidéo, il n’y a pas que le scénario. Celui de Final Fantasy VII est dense, complet et complexe, et ce côté sombre ainsi que la narration détaillée seront respectés dans le remake, j’en suis sûr. Mais bordel, on est pas au cinéma ! Qu’on propose un point de vue différent dans un film version remake, c’est normal, on propose une vision du scénario différente de l’original. Mais quand on parle de jeu vidéo, on ne peut pas tout bousculer de cette manière.

 

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Jeu Vidéo et Cinéma se tournent autour, mais ont souvent du mal à se lier totalement !

Final Fantasy VII, ce n’est pas « que » l’histoire, c’est aussi la galère d’obtenir la matéria des chevaliers de la table ronde, c’est se perdre dans un secteur 7 dégueulasse et immonde, c’est se travestir pour séduire un baron véreux tout aussi puant, c’est stresser de voir sa jauge ATB se remplir pour déclencher une attaque, c’est le fucking frisson de balancer l’Omnislash sur Sephiroth. Tout cela pour dire que Final Fantasy VII, c’est un tout. Du système de combat à l’univers, des polygones moches aux décors pré-calculés flous, des bugs à la mauvaise traduction, en clair, c’est comme ça qu’on l’a aimé, avec ses bons et ses mauvais côtés. Et revenir me voir en me présentant un pseudo Final Fantasy XV version steampunk et me dire que c’est un remake du VII, cela revient à imaginer qu’un remake de Ocarina of Time pourrait un jour être un puzzle-game (et pas d’erreur, hein ? OOT 3D est un remaster, et non un remake). Pour ma part, ce n’est pas un remake, mais un spin-off !

Attention, je ne dis pas qu’il faudrait tout garder dans son intégralité, ce n’est pas le but, mais par exemple, dévier d’un tour par tour à du temps réel pur et dur, c’est aller trop loin dans le changement. Pourquoi ne pas partir vers un système de combat à la Final Fantasy XIII, qui était très bon ? Nous avons connu Final Fantasy VII au summum de l’art japonais, et il nous revient, 20 ans plus tard, occidentalisé jusqu’aux os.

 

Un temps pour tout !

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’original de Final Fantasy VII est sorti dans un contexte et une époque spécifique. Les prix étaient différents, l’image même du jeu vidéo était différente, et le public également. Eh oui, une Playstation, à l’époque, tous les parents ne l’offrait pas à leurs enfants, surtout quand « Le jeu vidéo, c’est abrutissant pour les mômes » ! C’était une vague de jeunes adultes, voire d’adultes aguerris qui se lançaient à la poursuite de Sephiroth sur 3 CDs. De plus, FF VII était le premier Final Fantasy à sortir en Europe, il y avait donc pour cette licence tout un continent à conquérir, ce qui fut une tâche ardue, mais comme vous le savez désormais : accomplie !

C’est en repensant les codes du RPG que Final Fantasy VII a pu séduire autant de joueurs. Avec une maîtrise du RPG, SquareSoft connaissait la tambouille, et le succès phénoménal de Chrono Trigger en terme de gameplay avait déjà préparé ce terrain expérimental qu’allait devenir le futur soft ! Le talent de SquareSoft, à l’époque, a été de surprendre les joueurs, qui étaient déjà des « vieux de la vieille », jusqu’à même l’ouverture du boitier. 3 CDs ? Quelle magie que ceci ?

Eh oui, les ambitions du studio pour ce titre étaient telles qu’un seul CD, qui était réputé pour être le summum du moyen de stockage à ce moment-là, n’était pas suffisant. Jusque dans sa présentation, le jeu étonnait déjà et montrait ses bolocs, alors que la console n’était même pas allumée. Fort ! Et là, une fois l’option « New Game » sélectionnée, la première cinématique se lance. Depuis, ce mot tournera dans la bouche de millions de joueurs, gage de qualité à une époque où nous étions bien loin des productions de Quantic Dream !

Pourquoi Final Fantasy VII Remake ne marchera pas à mon sens ? Simplement car il ne révolutionne pas son média comme l’avait fait l’original en son temps. Il se contente de suivre la cadence des titres actuels, qui, disons-le, commence à agacer un peu tous les joueurs en 2016 : « Marre des Q.T.E. (Quick Time Events = quand on doit appuyer sur une touche très rapidement, une sorte de jeu/cinématique), marre des jeux trop faciles, marre de pomper notre argent ! « . Tout cela sont des arguments qui reviennent de plus en plus, comme si les joueurs attendent le messie qui viendra bousculer tout ça. Patiente, effectivement, ça viendra, mais pas avec Final Fantasy VII Remake ! Trop prévisible !

 

Le système de combat de Final Fantasy XIII, ingénieux et moderne !

Alors oui, c’est beau, c’est tentant et l’impatience est tout de même présente.  Je suis même convaincu que je vais passer un excellent moment sur ce jeu, pour essayer de viser le 100%, tout visiter, tout explorer, mais le fait est que je n’aurais pas vraiment FF VII devant moi, mais plutôt un jeu qui en reprend les personnages et l’univers. Avec ce remake, Square Enix fait une tentative ratée de faire revivre une époque révolue au détriment de nous montrer qu’il sait toujours faire de bons jeux. En soi, ce n’est pas vraiment au jeu en lui-même que j’en veux, mais plutôt aux dirigeants de Square Enix qui ne laissent pas carte blanche à leurs développeurs de talents pour créer de la nouveauté !

 

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Le remake ROSA s’est écoulé à plus de 120.000 exemplaires la première semaine (magnifique lancement) ! Si tout avait changé de l’original, en serait-il de même ?

Voilà la fin de ce dossier pour vous apporter ma vision sur le pourquoi ce faux Saint Graal qu’on attend tous depuis 20 ans est un pari risqué, et sera probablement décevant. Je pense qu’il vaut mieux se tourner vers Final Fantasy XV, qui apportera (on l’espère aussi) le vent de fraîcheur attendu par la licence des Final Fantasy.

Je vais finir par une phrase qui risque de me faire beaucoup d’amis : ça va être la même merde pour Shenmue III ! Merci beaucoup de m’avoir lu, n’hésitez pas à venir discuter de ce cas-là, c’est dans l’échange que les liens se créent. Je vous souhaite une très bonne journée/soirée, et portez-vous bien !

Ce billet ne représente que mon avis, il n’est en aucun cas un discours unique et inattaquable !

 

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

1 Commentaire

  1. Très intéressant !

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