Dragon Quest VII : La Quête des Vestiges du Monde [Critique]

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Sorti initialement sur Playstation et n’ayant jamais débarqué en Europe, Dragon Quest VII refait surface avec une mouture 3DS qui ravira les fans ayant fait le jeu en import à l’époque, et qui tentera de séduire les néophytes qui ne connaissent pas la licence !

Éternel adversaire de Final Fantasy, il y avait, fut un temps, deux groupuscules qui se targuaient de défendre soit DraQue, soit FF ! C’est désormais chose révolus, puisque force est d’admettre que si les Dragon Quest de Enix sont de très bons J-RPG, ils ont toujours peinés à séduire l’Occident, chose que Squaresoft savait faire. Pour la suite, est-ce que la fusion des deux sociétés fut profitable… C’est un autre débat !

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Le jeu est lent… Très lent !

Disons-le tout de suite, les Dragon Quest ne sont pas fait pour tous les types de joueurs, et en l’occurrence celui-là. En effet, le jeu, d’une manière générale, est plus que lent. Les allers retours à n’en plus finir, les boîtes de dialogues qui « poppent » à outrance combiné à un scénario assez linéaire peuvent en rebuter plus d’un, ce qui est tout à fait compréhensible, les jeux de cette licence étant connus pour s’adresser principalement aux vétérans du RPG. Pour autant, ce titre fait des efforts non dissimulés pour tenter de séduire le badaud un peu trop curieux.

Une fois votre héros nommé, vous commencerez donc à découvrir les différents protagonistes qui feront le voyage avec vous. Vous aurez l’irritable Maribel, et le non moins irritable Prince Kyllian. Cependant, il faut bien avouer que si Dragon Quest VII est rempli des désormais célèbres « clichés du RPG », il en est autrement de ces héros, et, avouons-le, ça fait du bien d’avoir un personnage principal qui a toujours ses deux parents, qui mène une vie tranquille, sans être opprimé par un empire à la con, et qui à la chance d’habiter un royaume fort sympathique.

Sympathique, certes, mais surtout le seul au monde. En effet, l’île dans laquelle vous débutez l’aventure à cette particularité qu’elle est la seule sur Terre. Que s’est-il passé ? Pourquoi cela est ? Comment savoir si d’autres îles étaient présentes dans le passé ? Toutes ces questions trouveront réponses au fil de votre quête. Et c’est lors de votre découverte du Sanctuaire des Mystères que vous apprendrez que vous pouvez remonter le temps et changer le cours de l’Histoire.

Effectivement, à l’époque, le monde était pour ainsi dire « normal », sauf qu’un incident (pas de spoil) a fait qu’elles ont toutes été rayées de la carte. En changeant le cours des choses, vous pourrez alors les faire réapparaître à l’ère moderne (vous avez donc deux manières d’explorer ces nouveaux lieux). Et c’est là qu’intervient la linéarité ! Vous débarquez sur une nouvelle île, vous devez chercher l’autorité compétente de la région qui a TOUJOURS un problème insoluble… Et bien sûr, vous arrivez à le résoudre !

Si l’on peut reprocher cet aspect « routinier » en terme de progression, il est néanmoins agréable de voire l’intrigue principale découpée en plusieurs tronçons d’histoires. Surtout que même si les îles se ressemblent peu ou proue, l’écritures des différentes quêtes reste plaisante à lire, à suivre et à comprendre.

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Non, mais en fait il est trèèèèèèèèèèès lent !

Je sais, je radote un peu, mais c’est bien pour vous faire comprendre que Dragon Quest VII est avant-tout un jeu de patience, fait pour celles et ceux qui veulent suivre une histoire longue, avec des rebondissements (parfois prévisibles, parfois non) et des personnages hauts-en-couleurs. Pour vous donner un ordre d’idée, le premier combat contre un monstre intervient après 1h30 de jeu (voire 2 heures). Pour continuer dans la lancée, les classes que vous débloquerez par la suite (et qui font le gros point fort du titre) ne sont accessibles qu’après 20h, voire 25 heures de jeu. C’est juste énorme !

Concernant les combats, nous restons dans la plus pure traditions du tour par tour. Vous sélectionnez une attaque, un ennemi, et roulez jeunesse. Moi qui suit fan de ce type de combat, j’ai bien entendu été convaincu, mais le côté « austère » des menus et notamment du sound-design pourra en rebuter pas mal. Il y a toujours ce côté un peu vieillot dans les Dragon Quest qui a du coup un peu de mal à séduire. En gros, si vous aimez les menus qui pètent et qui claquent, partez plutôt sur un Persona.

L’intérêt des combats s’estompe et lasse à partir du moment où vous débloquez les classes, ce qui relance la dynamique et vous demandera de vous battre sans cesse pour augmenter votre nouveau niveau de classe, et apprendre de nouveaux sorts ainsi que de nouvelles aptitudes. Vers la fin du jeu, vous pouvez très bien avoir un personnage Guerrier/Prêtre/Mage/Voleur qui possédera pas mal de compétences d’un peu toutes ces classes. Vous pouvez très vite avoir une équipe de fou furieux, mais attention, car les monstres et les Boss ne se laisseront pas faire gentiment.

Dragon Quest VII est donc très chronophage. Comptez environ une centaine d’heures de jeu pour en voir le bout, et plus si vous comptez faire le 100%. Là encore, on est dans du grand DraQue, mais il faut aussi comprendre que ces 100 heures ne sont pas forcément très bien remplies…

Le jeu a-t-il bien vieilli ? Je serai tenté de répondre « oui et non ». Certes, certains passages de l’opus original ont été raccourcis afin de séduire un maximum de joueurs, et l’ajout du radar à fragments ainsi que de nombreuses aides annexes ont été rajoutées (ce qui n’était pas le cas à l’époque). Ces divers éléments facilitent un tantinet l’aventure et nous évite de nous perdre trop longtemps à cause d’un détail que l’on aurait loupé.

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Côté direction artistique, ce n’est pas une surprise, c’est Akira Toriyama qui se colle au design des monstres et des personnages et  son travail, combiné à l’OST monstrueusement géniale du titre, donne à l’ensemble un charme désuet. C’est magnifique et ça chatouille les oreilles, mais si le « packaging » est fiable, je reproche au titre d’afficher une carte du monde de l’ère moderne entièrement vide et creuse. Certes, cela est cohérent avec le scénar’, mais au final, on se retrouve à déambuler dans de grands espaces vides. Dommage. De plus, le popping de certains éléments, comme les arbres (qui mettent deux temps avant de s’afficher entièrement) sur des distances pourtant courtes ne font que renforcer cet effet.

Il y a quelques petites chutes de framerate sur 3DS qui ne sont pas présentes sur New 3DS, preuve, une fois de plus, que l’optimisation n’a pas été faite très correctement. Mais enfin bon, on ne va pas râler, nous avons là un excellent J-RPG au format de poche !

Dragon Quest VII : La Quête des Vestiges du Monde est donc un excellent J-RPG portable, qui flattera votre ludothèque sur 3DS. Pour autant, si le jeu a bénéficié de plus de soins, de certains ajouts et a supprimé certains passages de l’oeuvre originale afin de faciliter la progression, force est d’admettre que ce titre ne s’adressera pas à tous le monde. Il n’est nullement question ici d’être un « hardcore gamer » ou n’importe quelle autre connerie du genre, mais plutôt de prendre le temps de savourer une histoire qui n’hésite pas à mettre plusieurs dizaines d’heures à se dévoiler, petit à petit. Les impulsifs pourront passer leurs chemins, car le soft les rebutera d’entrée de jeu. c’est dit !

Points Forts

  • La durée de vie monstrueuse
  • Les classes nombreuses et variées
  • L'écriture des quêtes annexes
  • Le contenu colossal
  • L'OST, splendide

Points Faibles

  • La narration lente
  • La linéarité
  • Les menus austères

Très bon !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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