[CRITIQUE] DanganRonpa v3 : Killing Harmony

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Licence pourtant florissante au Japon, la saga visual-novel DanganRonpa est très méconnue en Occident. La principale cause ? Une absence de traduction Française rendant les titres plutôt « lourds » à suivre. Pourtant, le studio a fait l’effort de localiser ce troisième volet, afin qu’il puisse être savouré dans les règles de l’art. Verdict ?

Monokuma is back, pu pu pu !

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la série, DanganRonpa propose une expérience de ce que l’on nomme « visual-novel ». Considérez cela comme un livre interactif : il y a donc beaucoup… Beaucoup… Beaucoup de texte ! Cependant, et vous vous en doutez sûrement, c’est principalement les ressorts narratifs qui font le sel de ce type de jeu. En effet, le scénario étant le cœur même des titres : il ne faut pas se louper sur ce point.

Tout comme dans les deux premiers volets (hors spin-off), vous allez suivre les péripéties d’une quinzaine de lycéens appelés « Ultimes ». Chaque personnage possède donc un talent propre, comme le Cosplay, le Tennis ou encore l’Assassinat (oui). Et tout comme les précédents opus, vous ne saurez rien de leurs passés : les malheureux se réveillent tous amnésiques et enfermés dans un lycée très particulier.

Dès lors, vous ferez la connaissance de Monokuma, un ours mécanique qui dirige l’établissement, et qui prend son pied lorsqu’il assiste à… Des tueries ! Les bases sont posées dès le début : vous êtes emprisonnés sans moyen de fuir, et pour sortir, il faudra tuer un de vos petits camarades. Ce n’est pas tout, puisqu’il faudra également le tuer de manière furtive. En effet, à chaque meurtre se tient un « Procès de Classe ». Lors de ce procès, le reste de la classe devra déterminer qui est le tueur (ou la tueuse).

DanganRonpa v3 ne réinvente rien, mais prend le temps d’affiner sa formule !

Si la classe a vue juste et trouve le coupable, ce dernier est tué et le reste de la troupe reprend sa vie en captivité. Si le coupable est plus malin et ne se fait pas prendre, lui seul survit (les autres étant tous éliminés) et peu quitter l’école. Nous avons donc là tout le sel de la saga, et qui propose tout un tas d’émotions fortes : de l’humour (noir) au drame, en passant par de la franche et solide amitié et, le but de Monokuma, le désespoir !

Car l’objectif du petit ours est celui-ci : voir les humains sombrer dans le désespoir et la folie. Bien entendu, les élèves ne l’entendent pas de cette oreille, et feront front commun. Cependant, malgré l’envie de fuir sans commettre l’irréparable, le constat est là : il y a toujours une bonne raison pour tuer !

DanganRonpa v3 : Killing Harmony est en ce sens un digne héritier de ces aînés. Toujours aussi barrés, amusant, prenant, triste et j’en passe : il y a toujours cette aura si particulière qui donne envie de se replonger dans l’histoire pour connaître toute la vérité. On s’attache aux personnages, on en apprend sur leurs passés, et on les regrette lorsqu’ils sont victimes de la folie d’un autre élève.

On passe donc son temps à enquêter, à tisser des liens, à lier les affaires entre elles et à imaginer des scénarios retors. Finalement, le joueur se prend au jeu de cette tuerie macabre : d’un certain point de vue, Monokuma l’emporte sur le joueur car nous obligeant à jouer son petit manège.

Des procès Rock’n’Roll !

Si le scénario est bien évidemment un des points forts du titre, les procès sont la deuxième moitié de ce cœur de jeu. Bien loin d’un Phoenix Wright, plus classique, le studio a continué d’opter pour son système un brin étrange de « débat non-stop ». Le principe est simple, les témoignages des participants voltigent dans les airs, et votre objectif est de trouver les incohérences en tirant dessus avec votre « pistolet de la vérité ».

Au fur et à mesure de la progression, d’autres mini-jeux de ce type viendront garnir les procès. Si certains petits nouveaux sont appréciables, comme le « Mine-Esprit », d’autre sont carrément oubliables et font perdre le rythme endiablé des joutes verbales (je pense notamment au Psycho-Taxi).

Il y a donc deux phases de gameplays distinctes : la phase « libre » de votre vie de lycéen, pas très palpitante et plutôt molle, et la phase « procès » qui prend le contrepied et propose des mécaniques rythmées et ultra dynamiques. Ces deux « vies » s’entremêlent à la perfection, puisque créer des liens d’amitiés avec vos amis vous permettront de débloquer des compétences de procès qui vous faciliteront la tâche. La difficulté allant crescendo, nul besoin de dire que ces atouts sont primordiaux.

Le titre jongle avec toute une palette d’émotions fortes… Et il le fait bien !

Pour revenir un peu plus sur le rythme, il faut comprendre que tout le jeu est pensé pour offrir le meilleur qu’un visual-novel puisse offrir. La direction artistique, les musiques, et même jusqu’aux boîtes de dialogues : tout est pensé pour un confort de lecture optimal. Les textes flashent, font du bruit, les design des personnages changent et la mise en scène des bulles participent à cet esprit dynamique : c’est superbement bien fait et l’on s’y plonge avec délectation. Mentions spéciales à l’OST qui lorgne toujours du côté électro/techno pour notre plus grand bonheur.

Un des points les plus importants pour nous, Français, est bien entendu la qualité de la traduction Française. DanganRonpa v3 est le premier à nous offrir une localisation, et pour un jeu de ce type, il ne fallait pas qu’elle soit loupée. Bon, soyons clair, cette traduction est très bien réalisée. Elle colle au thème, elle se permet des jeux de mots bien pensés, et elle parvient à retranscrire parfaitement toutes les émotions et tous les détails que nous sommes en droit d’attendre.

Pour autant, certains couacs sont encore présents : certains textes sans ponctuation, des phrases non finies ou encore le mini-jeu « Anagramme » du deuxième procès que, franchement, on ne peut pas trouver sans soluce. Pour le coup, la traduction est parfois trop précise, à tel point que la phrase en question en perd son sens. Je vous rassure, ces petits bugs sont légers et ne concernent qu’une très petite parties des dialogues : pas de quoi ruiner l’expérience.

DanganRonpa v3 : Killing Harmony se pose donc comme le successeur légitime de ses aînés. Fin, subtil, adroit et toujours aussi diabolique, il parvient à nous accrocher et à nous faire vivre de grandes émotions. La traduction Française, bien que possédant quelques couacs, est d’excellente facture et permet de savourer le titre à sa juste valeur. De plus, la mise en scène couplée à la direction artistique en font un jeu magnifique, proposant des mécaniques solides et toujours efficace. Nous pourrons toujours pester contre des phases d’enquêtes un peu longuettes ou encore des mini-jeux anecdotiques lors des procès, mais le constat est là : si vous avez aimé les deux premiers volets, ruez-vous sur cet excellent épisode !

Points Forts

  • L'ambiance toujours aussi délirante
  • Le scénario prenant
  • Les personnages hauts en couleurs
  • Les procès de classe
  • La direction artistique sublime
  • L'OST ennivrante
  • Enfin en Français

Points Faibles

  • Quelques bugs sur la VF
  • Des mini-jeux pas toujours utiles
  • Les phases d'enquête toujours aussi longues

Excellent !

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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