[BILLET] Objectivité et Subjectivité : quand « ce qui est » devient « je pense » !

[BILLET] Objectivité et Subjectivité : quand « ce qui est » devient « je pense » !

Toucherais-je un point sensible en désirant écrire quelque mots, aussi futiles soient-ils, concernant ce grand débat qui anime un peu trop souvent les sujets relatifs au monde des « œuvres » (jeu vidéo inclus). Prenant de plus en plus d’ampleur, le question se pose : y’a-t-il une bonne réponse ? Doit-on réellement choisir entre être objectif et subjectif ? 

Préambule

Pour débuter sur des bases solides, j’ai d’abord choisir de mettre ci-dessous les définition que nous offre le Larousse concernant l’objectivité et la subjectivité. Voyez plutôt :

Objectivité :
Qualité de ce qui est conforme à la réalité, d’un jugement qui décrit les faits avec exactitude : L’objectivité d’un récit.

Subjectivité :
État de quelqu’un qui considère la réalité à travers ses seuls états de conscience.

Pourquoi donc s’intéresser à ce sujet en particulier ? Il est vrai que dans le milieu du jeu vidéo, c’est tout d’abord une question de choix ou de principe. Que l’on soit blogueur, rédacteur, pigiste, auteur, testeur, critique… C’est une pensée qui revient souvent et qui va de pair avec le fameux débat de « La Note ». Est-ce qu’on donne une note ou non ? Quel impact sur le discours que l’on affiche derrière pour justifier de ce choix ?

 

Voilà un sondage intéressant. Merci à l’amie Seilin de Passionageek de m’avoir autorisé à l’utiliser.

D’ores et déjà, les réflexions soulevées sont pertinentes : pour ou contre les notes ? Tests objectifs avec en complément un critère personnel ? Au final, cela revient à se pencher sur le système de notation global.

Bon, je ne vais pas mettre toutes les réponses, car il y en a pas mal, mais on constate que les « contres » sont les personnes prenant la parole (les « pour » ne s’étant pas exprimés). Et nous pouvons rapidement constater une chose qui ressort de ces réflexions : il y a un blocage entre le fait de noter et de le fait de rédiger un avis personnel.

Et cela se comprend. La note (ou plutôt une échelle de notation) représente le « figé », l’intemporel et l’objectivité. Il est donc logique de le confronter à l’esprit subjectif d’un rédacteur, qui, selon la ligne éditoriale fixée, va écrire de manière subjective ou non. Les « professionnels » du jeu vidéo prônent l’objectivité. Les blogueurs, indépendants de surcroît, prônent assez souvent la subjectivité.

Alors quoi ? Sont-ce là deux modèles voués à se confronter jusqu’à la nuit des temps ? Objectif avec note ou Subjectif sans barème ?

Un Problème de Définition

Comprendre  l’étymologie d’un mot peut souvent aider à s’en appuyer pour construire un discours. Comme écrit un peu plus haut : l’objectivité décrit ce qui est conforme à la réalité, tandis que la subjectivité fait appel aux états de conscience.

La question est donc la suivante : un jeu vidéo doit-il être décrit avec exactitude (conforme à la réalité) ou selon le ressenti du rédacteur ? Cette question est cruciale, puisqu’elle définit par la même occasion l’action et le discours même du rédacteur :

Est-ce qu’on « teste » un jeu, ou est-ce qu’on le « critique » ? Notez que ces deux termes ont une signification complètement différente.

Question intéressante, s’il en est, puisqu’y répondre soulève un autre point : qu’est-ce que le jeu vidéo ? Est-il un produit de consommation ? Un produit culturel ?

Est-ce qu’on « teste » un film, quand on va au cinéma ? Non, on le critique. Pourtant, il n’est pas rare de voir ces œuvres « notées » sur les sites spécialisés. Mais sur quels critères, sur quoi, comment, sur « qu’est-ce » ? L’opinion générale ? Pas vraiment, car ces notes-là dépendent du critique ayant pondu son papier. Pour autant, cela prouve que subjectivité et notation sont bel et bien compatibles. La différence étant qu’une note subjective implique et incite le lecteur à connaître en amont le rédacteur en question (ses goûts, ses envies). Sans quoi, la notation n’aura aucun sens pour le lecteur.

En France, le jeu vidéo est classé dans la catégorie « Produit Culturel » et non de « Consommation ». En m’appuyant sur ce seul fait (et aussi parce que j’en avais envie), j’ai choisi la « critique » subjective pour Learn the Geek. Dès lors, le principe de la notation m’est apparu plus clair : la note (les émeraudes pour ma part) représente mon ressenti personnel. Pourquoi ? Simplement car je prends en compte le côté émotionnel, les conditions de jeu, l’état d’esprit, et la manière dont le titre me touche, peu importe la façon. Certes, de cette façon, je ne touche que les gens qui veulent bien apprendre à me connaître (exit donc les millions d’utilisateurs par mois pour vivre de LTG :p), mais de fait, j’évite ainsi une certaine généralité dans mes propos.

Après-tout, si tout le monde était objectif lors de « tests » de jeux : quid de créer des blogs ? Nous aurions tous le même discours, le même engagement et la même morale.

Ferions-nous la même chose avec un smartphone, par exemple ? Sur un téléphone portable, il y a en effet des critères qui doivent être objectifs afin de guider le futur acquéreur : l’autonomie, l’OS, l’ergonomie, la taille, le poids, et j’en passe…

Pour Conclure…

Le jeu vidéo est culturel, il dépend donc des « goûts et des couleurs ». C’est ainsi que, parfois, un jeu peut être nanardesque au possible, mais réussir tout de même à nous faire fondre, souvent en prenant la décision d’aller à contre-courant. Par exemple, Final Fantasy XV a été décrié lors de sa sortie, mais beaucoup de joueurs (dont moi) l’ont plus qu’apprécié et l’ont dans le cœur.

Je m’avance en disant qu’une note :

  • Lors d’une critique (donc subjective) reflète la pensée de celui ou celle qui est au commande du papier
  • Lors d’un test (donc objective) reflète une vérité impartiale et exacte du produit que l’on teste

Personnellement, pour avoir fait quelques rédactions de sites, je peux d’ores et déjà dire que l’objectivité est de rigueur un peu partout, et surtout en France ; du fait, entre autre, d’acteurs extérieurs (éditeurs, développeurs, etc.). Lorsque l’on vit d’un site de « test » ou de « critique », on ne peut décemment pas passer pour un électron libre flinguant à tout-va et imprévisible, sous peine de ne pas pouvoir manger à la fin du mois. En soi, c’est normal, puisque si l’être humain vivait d’amour et d’eau fraîche, cela se saurait !

De fait, si vous avez la possibilité d’avoir un espace d’expression et de création quel qu’il soit et rien qu’à vous : je pense que la subjectivité est plus judicieuse (pour le produit culturel en tout cas). De plus, être objectif revient à parler d’absolument tous les jeux, de tout supports et de manière neutre et impartiale. Or, nous savons tous que la plupart des sites (notamment chez les blogueurs) traitent uniquement les sujets qui leurs plaisent, ce qui, en soi, fait déjà preuve d’une certaine subjectivité.

Ce n’est pas parce que « ce qui est » devient « je pense » qu’il ne faut pas « penser à ce qui est ».

 

Féru de jeux vidéo, j'aime bien en parler, y jouer, le remettre en question et, surtout, écrire dessus ! J'avais déjà un pad NES dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code !

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