[BILLET] Dark Souls, ou la Méta-Narration à son paroxysme !

Dark Souls III

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[BILLET] Dark Souls, ou la Méta-Narration à son paroxysme !

[BILLET] Dark Souls, ou la Méta-Narration à son paroxysme !

Et c’est parti pour un suçage de bite de 1382 signes. Et oui, j’aime ce que me proposent les jeux de From Software depuis que Dark Souls 1er du nom, ou Dark Souls 5 ans d’âge pour les amateurs, officie dans le game occidental. Putain, je l’attendais ce jeu.

Les méfaits de la culture gros zizi !

Alors oui, il y en a qui, pour vendre la came, te disent que tu vas te faire défoncer 1 fois, 2 fois, 3 fois et que si tu lâches la manette c’est que t’es pas assez viril, qu’il faut souffrir pour arriver à vaincre dans ce jeu, que ça leur rappelle les jeux du bon vieux temps et toutes ces conneries.
Ces types sont d’une débilité sans nom ! Va draguer une nana en lui disant que tu vas lui faire vachement mal avant qu’elle ne jouisse, je ne suis pas sûr que t’arrives à la pécho. Pareil pour la plupart des gens d’ailleurs. Le deuxième argument est tout aussi merdique : regarde le Joueur du Grenier et tu sauras que les jeux à l’ancienne sont pour beaucoup loin d’être terribles.

Non, la trilogie des Souls propose autre chose que du challenge. Elle emmerde l’open world, elle dit fuck à la narration téléphonée des RPG et propose une exploration au sens noble du terme. Une exploration et non pas une découverte. Rien n’est dévoilé au joueur. L’étymologie de ces mots est importante. Personne ne lève de voile pour le joueur, c’est à lui seul d’apprendre les règles du monde. Les développeurs ont pris le parti de laisser le joueur faire ses propres expériences par essais/erreurs et on se retrouve en enfance, à explorer un monde inconnu, faisant notre propre chemin à coup de machette dans un environnement hostile.

Mais le joueur est-il vraiment seul ? Il a acheté un jeu 70 boules. Il le lance, se démerde, est bloqué sur tout les plans face à un monde opaque, voire hermétique, il se dit : « merde je ne vais quand même pas revendre la galette ?! » et c’est là que la communauté entre en jeu (c’est le cas de le dire !). Dark Souls nous renvoie à notre côté grégaire, à une part de nous primitive qui, face à une nature hostile, nous commande d’apprendre des autres. Ils ont peut être réussi là où on a échoué ? On a peut être trouvé des informations intéressantes pour la survie de l’espèce ? Communiquons, grandissons ensemble pour maîtriser et dépasser ce qui nous bloque.

« La communauté Dark Souls sur le net et dans le jeu ! »

Cependant, restreindre cette saga à sa communauté ne serait pas lui faire honneur. Non pas que cette dernière soit composée d’adolescents prestige 6000 en recherche d’adrénaline, bien au contraire, mais parce les Souls possèdent d’autres atouts dans leur manche.

Dark Souls, un titre synonyme de profondeur !

En effet, en terme de gameplay pur, le fait que chaque type d’arme se manie différemment impose au joueur d’adopter, face aux ennemis, une stratégie particulière. Ainsi, mon personnage construit dans l’optique d’un build force et se trimbalant avec le plus gros symbole phallique de l’histoire du jeu vidéo en guise d’épée, devra compter sur la puissance de ses assauts, mais devra palier à leur lenteur. Mon perso dextérité, lui, pourra compter sur le nombre et la vitesse des coups, mais devra se contenter de faibles dégâts. Avec plus de 17 types d’armes de poing, je vous laisse imaginer la rejouabilité du titre si on veut approfondir son expérience. De plus, cette diversité des movesets va rendre l’expérience de jeu en PVP proche d’un jeu de combat, ne serait ce que par le côté gameplay asymétrique. Cela change vraiment la donne par rapport aux autres RPG occidentaux, qui se contentent de proposer une rejouabilité axée uniquement sur le scénario.

« Exemple d’une arme Dextérité ! Vidéo prise sur la chaîne Zombie Headz ! »

Voilà pour un aspect du gameplay et je n’ai ni parlé des boucliers, ni des 4 formes de magie, ni des armes de jet qui enrichissent encore celui-ci. Passons maintenant au level design des Dark Souls 1 et 3. À une époque où les jeux vidéo proposent deux types d’environnement, à savoir les jeux « couloir » et les « open world », Dark Souls tire son épingle du jeu en tentant de proposer autre chose. Je dis bien « tenter », car en y regardant de plus près, il s’agit plutôt d’un jeu « couloir », mais il assure brillamment l’illusion. En effet, chaque zone se retrouve imbriquée pour donner naissance à un tout cohérent. Ce level design labyrinthique refait émerger les mêmes sensations enfantines que l’on avait, lors de constructions de cabanes en campagne, c’est bon et novateur. Pour les p’tits de la ville, pensez aux aires de jeux des Mc Do avec leurs multiples couloirs entrelacés, les caches et les différentes sorties (Po !! comme je chie sur la gueule des citadins là…).

« Exemple d’un level-design intelligent ! Vidéo prise sur la chaîne Phrexeus ! »

Passons à l’atmosphère, l’ambiance. Bon tout le monde sait déjà que les jeux Souls proposent de la Dark Fantasy, mais ce qui est essentiel dans cette trilogie, c’est que chaque zone explorée possède sa propre histoire, sa propre ambiance. De plus, ne négligez pas les détails cachés dans l’architecture, rien n’est laissé au hasard ! Ces détails, anodins au premier run, prennent énormément d’importance pour observer, par exemple, les alliances, les conflits et les trahisons des différentes factions du monde. Plutôt que de nous proposer de lire des pages et des pages d’un bouquin qu’on ne lira pas, à la Skyrim et consorts (Po !! dans ta gueule Bethesda), From Software préfère nous raconter l’histoire en soignant l’architecture des zones et le sens de celle-ci, sans jamais imposer quoi que ce soit au joueur. C’est encore une fois bien plus intelligent, dosé, subtil que l’autre putain d’enfant de dragon du pays des vikings !

« Des résonances émotionnelles différentes malgré un côté épuré rappelant toujours les cendres ! »

L’histoire maintenant. Elle se présente sur plusieurs plans. Il y a bien sûr l’histoire directe, active, que l’on crée à partir de notre façon de jouer, en lien avec les différents PNJ, mais il existe une autre histoire plus discrète, diffuse, qui nous renseigne sur les différentes forces en présence, leurs objectifs et leurs divergences d’opinions. Qualifier cette seconde histoire de mythologie serait plus approprié. Car elle traite de dieux et de seigneurs, de rois déchus, de démons sanguinaires, de sorcières et de chevaliers corrompus, mais ce n’est qu’en fouillant dans les vestiges des ses légendes, à la manière d’un archéologue, que l’on se rend compte que l’on participe en fait à l’écriture de ces mythes. Notre personnage influencera le destin des dieux eux mêmes, parfois sans que le joueur y soit attentif. Si vous voulez une idée de la richesse de la mythologie de Dark Souls, regardez le nombre de sites et de vidéos intitulés « Dark Souls lore ».

« Vidéo explicative de la Mythologie (pour les anglophones) ! Vidéo prise sur la chaîne VaatiVidya ! »

Élucubration d’un fan !

Et cela ne s’arrête pas là, car Dark Souls est pour moi synonyme de profondeur. Je pense, en effet, que ce jeu peut emmener le joueur plus loin dans sa réflexion, si on le considère comme une métaphore. Ces 3 jeux sont pour moi une réflexion philosophique autour de la notion de nihilisme et surtout sur son dépassement. Beaucoup d’éléments peuvent faire penser à l’œuvre de Nietzsche, sur les questions de l’éternel retour comparé aux new game +, du mythe du surhomme mis en parallèle avec le dépassement de sa condition de carcasse, du fameux « dieu est mort », du dépassement des anciennes valeurs de Bien et de Mal, et bien entendu, de « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ».

Pour conclure, je dirai des Dark Souls qu’ils sont synonymes de richesse et de profondeur. Chacun d’eux met en avant le fait de jouer et rien que jouer. Ils proposent ainsi de raconter une histoire tout en nuance, sans manichéisme et surtout sans cinématiques interminables cassant le rythme du jeu. Chaque élément de gameplay est réfléchi et maîtrisé (bon, peut-être pas le PVP mais c’est anecdotique) pareil pour ses histoires dans les histoires (ce que j’appelle « méta-narration »). Je pense sincèrement qu’il s’agit du type de jeu qui apprend quelque chose et rend intelligent. Je le recommande chaudement aux joueurs patients pourvus d’un bon sens de l’analyse et d’un amour inconditionnel de l’exploration. Snif… c’est beau ce que j’écris, putain !

Pourvu de multiples master 2 m'ayant directement conduit à la case chômage, j'ai décidé depuis peu de rejoindre Jibenc0 dans son aventure vidéoludique pour rentabiliser mon temps libre.

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